Made Like A Gun

Royal Enfield Bullet 500 Classic (modèle 2011). 2011 ~ 2015

Considérée pendant les années 50 comme l’une des plus belles motos anglaises, la Royal Enfield Bullet est née à Redditch, en Angleterre, en 1932. Le célèbre « Made like a gun », qui continue de s’afficher fièrement sur le réservoir de ces motos, rappelle que l’usine à l’origine fabriquait des armes (c’était le cas aussi pour une autre marque mythique de motos anglaises, BSA).

Made Like A Gun_340En 1953, la société Royal Enfield construit une usine de fabrication de la Bullet à Madras (aujourd’hui Chennai), en Inde, pour servir le marché domestique. Les Bullets « Made in India » sont assemblées dans l’usine de Madras à partir de pièces fabriquées à Redditch. Ces motos, dont des versions antérieures avaient servi dans l’armée anglaise pendant les deux guerres mondiales, sont très appréciées en Inde.

Au sortir de la guerre avec le Pakistan, le nouvel Etat indépendant « avait besoin d’une moto légère, performante, fiable et facile d’entretien pour équiper ses forces armées : il choisit la Bullet 350 G2 en raison des qualités qu’elle démontrait en trial » (Wikipedia), et passe encore commande à Redditch de huit cents motos de ce type en 1954. Mais le gouvernement indien est soucieux de réduire le coût de ces importations, et crée en 1956 la Madras Motors, une société en participations associant l’anglaise Enfield Cycle Company Ltd à 49 % et l’Enfield India Ltd à 51 %. La même année les Indiens commencent à fabriquer leurs propres pièces.

Après que Royal Enfield Angleterre ait disparu dans les années 70, emportée comme d’autres par la déferlante japonaise, ils rachètent le nom de la marque (jusque-là les Bullets indiennes s’appelaient « Enfield », pour éviter la confusion avec les « vraies »), et se donnent pour objectif l’exportation de ces motos dans le monde entier.

A la différence des néos-rétros et autres vintages à la mode, la Bullet de 2015 est la continuation d’une lignée née dans les années 30, et qui n’a jamais cessée d’être produite. Elle s’est seulement, et minimalement, adaptée aux conditions de circulation actuelles (frein à disque à l’avant) et aux normes européennes, avec l’arrivée en 2007 d’un moteur monobloc tout alu (l’ancien était à boîte séparée). Elaboré en collaboration avec Rotax et avec le savoir-faire d’un ingénieur motoriste… anglais, doté de l’injection électronique et d’un pot catalytique, ce moteur a remplacé le beau moteur Lean Burn, brièvement produit avant 2007. Tout alu lui aussi, mais à carburateur et ne pouvant composer avec les normes anti-pollution, le Lean Burn a marqué une sorte de transition destinée à suppléer les valeureuses Bullets « fonte », fabriquées pendant près de quarante ans sans grand changement (1).

Dans l’architecture de son moteur (monocylindre longue course, une rareté aujourd’hui), dans sa conception même (une moto simple, légère, réduite à un moteur et à un cadre, comme dans les années 50), et surtout dans son look (le cahier des charges de la Classic actuelle est très proche d’un modèle de 1949), la Bullet a gardé, c’était dans ses gènes, quelque chose de typiquement anglais. Les Anglais eux-mêmes y sont sensibles, et aussi ces propriétaires d’ici et d’ailleurs, qui sont nombreux à y coller l’Union Jack.

Bullet_03-14

— Monocylindre culbuté, refroidi par air
— Cylindrée : 499 cc
— Alésage x (longue) course : 84 x 90 mm
— Taux de compression : 8,5 : 1
— Rattrapage du jeu aux soupapes par poussoirs hydrauliques
— Alimentation : EFI (Electronic Fuel Injection), injection électronique Keihin
— Silencieux (c’te blague !) : de type « saucisson »
— Puissance maxi : suffisante
— Puissance au vilebrequin : 32 CV
— Puissance à la roue arrière : 28 CV
— Couple : infernal. Si l’on préfère : 41,3 Nm (4,2 mkg) à 4 000 trs/mn
— Embrayage : multidisque, dans l’huile
— Boîte de vitesses : 5 rapports, à prise constante
— Démultiplication secondaire (de tout-terrain !) : 18 x 38 dents, ratio 2.11 : 1
— Démarrage : kick + démarreur électrique
— Frein avant : disque de diamètre 28 cm, étrier à deux pistons
— Frein arrière : tambour
— Roues : 18 pouces avant et arrière
— Type de pneus : tube type. Présentement Avon Roadrider
— Poids tous pleins faits : 187 kg
— Consommation (constructeur) : 3,5 l ~ 4 l aux 100 km
— Consommation (vérifiée) : 3 l ~ 3,5 l de SP 98 aux 100 km
Bonne vitesse : 80 km/h compteur (soit 3 200 trs/mn en 5ème)
— Vitesse maximum réelle : 132 km/h (sur autoroute allemande)
— Date de naissance de la Bullet « Classic » : 2009
— Constructeur : Royal Enfield, Eicher Motors Ltd, Chennai, India

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(1) Informations empruntées à Wikipedia, au site d’Héritage Import (le précédent importateur de la marque), à l’article « La Bullet, l’anglaise émigrée » paru dans le hors-série Motos anglaises de MotoMagazine (avril 2012), et glanées sur le forum Royal Enfield – merci notamment à Marco.
Sur l’histoire de la marque dans sa période anglaise, voir l’excellent site Motos anglaises, consacré aux motos classiques d’avant 1983.
Sur l’historique des différents modèles, voir également le blog toujours très documenté de l’ami Ded31.

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5 commentaires pour Made Like A Gun

  1. Tout comme moi, je vois que tu as mis du temps avant de trouver enfin une vraie moto !
    Pas grave, l’important c’est… que tu as trouvé 🙂

  2. nitot dit :

    Ah, j’ai presque la même ! La mienne n’a pas de kick (et c’est fort dommage) et dispose de quelques accessoires cosmétiques (plaque arrière de taille plus raisonnable et feu Lucas), et c’est effectivement un bonheur !
    http://standblog.org/blog/post/2011/10/24/Royal-Enfield-eloge-de-la-frugalite-motarde

    J’espère bien lui faire faire un tour dans le Vercors, dont je suis fan ! J’ai beaucoup aimé votre série sur les routes du vertige, de ce fait.

    A bientôt peut-être ?

    –Tristan

  3. Ribois dit :

    Bonjour,
    Magnifique blog qui donne envie de rouler.
    J’aimerais savoir où peut on essayer une Royal Enfield sur Grenoble.
    Quel est le bon concessionnaire pour cette marque ?
    Merci d’avance.

    • jihel48 dit :

      Bonjour, et merci pour ce commentaire.
      Il y a deux concessionnaires Royal Enfield dans l’Isère. L’un (DauphiBike) est à Grenoble, rue Pierre Dupont, près des Grands Boulevards.
      L’autre (SARL Gaget) est le concessionnaire « historique » : il vend des Royal Enfield depuis le milieu des années 2000, et la reprise de l’importation de la marque par la société Héritage Import. Il se trouve à Ruy, tout près de Bourgoin-Jallieu.
      L’un et l’autre pourront vous faire essayer une moto.

      Quant à savoir « quel est le bon », le mieux, pour vous faire une idée, est que vous les rencontriez tous les deux…

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