Première BM

BMW R 80 ST (modèle 1985). 1985 ~ 1988

C’est peut-être la « double compétence » (Honda-BMW) du concessionnaire de l’époque qui m’a fait passer de la précédente à cette BM, avec l’assurance d’une bonne reprise. Mais là aussi, ma lecture hebdomadaire de la presse moto m’avait fait repérer cette R 80 ST, copie presque conforme (même cadre, même moteur) de la R 80 GS qui commençait à s’illustrer en rallye-raid. Peu soucieux de baroud africain, je la trouvais même plus jolie que la GS, avec sa roue avant de 18 pouces et un tableau de bord moins hideux que le trail.

Elle n’était pas bien puissante (50 CV), mais atteignait comme qui rigole un joli 180 km/h compteur sur l’autoroute, avec le grand pare-brise que je continuais à promener d’une moto à l’autre, et derrière lequel j’aurais pu fumer mon clop tranquille, si j’avais fumé.

R-80ST_640

Ce fut un excellent choix, qui m’a permis de voir de près ce qu’était la qualité de fabrication BM : les japonais avaient encore des progrès à faire, qu’ils ont fait depuis. J’adorais ses deux gros cylindres, dont je découvrais (il faut être sur la moto pour voir ça) qu’ils étaient, à cause de l’embiellage, décalés l’un par rapport à l’autre, qui me tenaient les pieds au chaud, et dont j’étais capable de synchroniser les carbus Bing à l’oreille – trop la classe !

C’est sans doute avec cette moto, légère, coupleuse, à la tenue de route enfin rigoureuse, et dont Eric Maurice, dans Moto Journal n° 592 (17 février 1983), disait que c’était « la plus amusante des BM », que j’ai le plus envoyé du bois sur la route, ce qui reste quand même relatif. Et je n’oublierai pas cette remontée de Grasse à Grenoble, avec un copain en 850 Commando (et un autre en 500 XT qui suivait pas si mal), où on se faisait des politesses pour être celui qui passerait devant pour enrhumer toutes les voitures, en postulant que quel que soit le véhicule qui viendrait en face, il resterait toujours assez de place pour nous glisser entre lui et celui qu’on était en train de doubler.

C’est aussi avec elle que j’ai pour la première fois tâté du tout-terrain, largement à l’insu de mon plein gré d’ailleurs, embarqué par deux amoureux du flat (rencontrés par petite annonce, ils se sont avérés être Grenoblois) sur des pistes improbables de l’arrière-pays niçois. Très adroits avec leurs GS, et même élégants, ils ont fait comme si j’étais capable de les suivre, et il a bien fallu que. Noblesse oblige.

La moto n’y est pour rien, mais c’est avec elle que j’ai eu « mes » deux accidents : l’un, surtout préjudiciable à l’amour-propre, fut une perte de l’avant à cause de la terre déposée sur la route après un orage, bien sûr dans un virage aveugle ; l’autre aurait pu être bien plus grave : emplafonnage par le flanc gauche (j’avais la priorité, mais ça change quoi ?) par un poivrot à l’heure de la sortie de la messe, sur une petite route de la Drôme. Cadre plié en deux, et longs délais à prévoir pour le remplacement en pleine période estivale m’avaient affecté bien plus que mon genou en ruines.

Enfin, c’est la R 80 ST qui m’a fait prendre la décision… d’arrêter la moto ! Comme ces histoires d’amour qu’on voudrait interrompre après avoir vécu ce qu’on croit être un sommet, et dont on se dit que la suite ne peut être que déceptive. Après un voyage superbe qui m’avait conduit en Sardaigne via la Corse, avec retour d’une traite de Civitavecchia à Grenoble, je me suis dit que plus jamais je n’en ferais d’aussi beau, et j’ai décidé d’arrêter la moto.

Promesse de fumeur, ou d’alcoolique invétéré, qui aura quand même tenu quatre ans.

 Equipement additionnel

– Pare-brise (recyclé à nouveau !)
– Silencieux Sito (le bruit était un peu plus agréable qu’avec l’origine, mais évoquait encore furieusement celui d’une Ami 8)

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Un commentaire pour Première BM

  1. nirlo dit :

    Un poivrot à l’heure de la sortie de la messe !
    Soit c’était le curé qui avait abusé du vin divin, soit c’était un mécréant qui trouvant le temps long l’avait tué au café de l’Eglise.
    Comme quoi si il y avait été…
    Mais l’essentiel est que tu sois toujours là pour nous régaler de ta prose. Si si, y cause bien le Jihel.

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