Passage obligé

Harley Davidson 1200 Sportster (modèles 2004 et 2005). 2004 ~ 2008

On n’en sort pas : il y a des « passages obligés » dans une vie de motard. Se retrouver chevauchant un gros twin longue course au rythme syncopé, et qui vibre juste comme il  faut, en est un. Et plus que pouvoir enfin jouer les bikers en veste en jean et packs d’Heineken dans les sacoches, ce qui avait emporté ma décision était un article d’Harald Ludwig dans un vieux Moto Journal, qui racontait son essai de la version « Evo » du 883. Et cet article là était remarquable en ce que, au-delà de la déclinaison de la fiche technique et de l’argumentaire du constructeur, il faisait toute leur place aux sensations du type qui était sur la moto, dont il vantait le « souffle de locomotive », ça m’est resté. C’était tellement bien vu que, alors qu’à l’époque j’étais loin de pouvoir me la payer, j’ai pensé que moi aussi, un jour, je dirai comme Harald Ludwig : « Ca y est les gars, je roule en Harley ! »

Longtemps après, je me suis pointé un matin de printemps chez le concessionnaire, et j’ai essayé à la suite, et longuement, les deux Sportster, le 883 et le 1200. Dans la montée de Saint-Nizier, le 883 m’a vraiment bien plu. Dans celle de Monteynard, le 1200 m’a emballé, je ne voulais plus le ramener. C’est le petit bond en avant qu’il a fait dès que j’ai relâché l’embrayage après avoir passé la 1ère qui m’a convaincu que j’avais trouvé ma nouvelle moto.

1200 Sport_640

Cette version « Roadster » du 1200 Sportster développait 70 CV en pots d’origine, ce qui était beaucoup pour une Harley. Moteur enthousiasmant par son couple, son allonge, et ses vibrations seulement good (grâce à un système de biellettes emprunté aux Buell) ; ligne magnifique et couleur kivabien (le noir, celle des plus belles motos) ; finition et qualité des matériaux au top (rien que du bel et bon acier américain, qui faisait que cette petite moto pesait le poids d’un âne mort) : je ne lui reprochais guère que d’avoir cédé à la mode des jantes à bâtons.

L’histoire commençait bien. Mais il est vite apparu que ce Sportster était une moto du vendredi soir, et les ennuis me sont tombés dessus l’un après l’autre. Le principal, mais non le seul, était une surpression d’huile dont l’origine n’a jamais pu être trouvée (non, ça n’est pas moi qui remettait trop d’huile !) Après 6 mois, mais 12 000 km quand même, à ne pas vraiment profiter de cette belle moto, et des « réparations » dignes d’un emplâtre sur une jambe de bois, le concessionnaire a fini par me l’échanger contre un modèle neuf de l’année suivante, moyennant une rallonge de quelques doublezons. Le modèle 2005, c’est celui de la photo, avait, lui, des roues à rayons !

J’adorais cette moto, qui pourtant ne correspondait pas vraiment à mon usage d’alors : voyages sur plusieurs jours, en camping presqu’exclusivement. Et fixer tout le barda pour camper sur un Sportster, avec une sacoche sur le réservoir pour pouvoir regarder la carte, ça demande pas mal de savoir-faire (ou d’inconscience). La preuve, vous n’en avez pas vu beaucoup sur la route, des comme ça ! Bin, ça l’a fait, y compris dans des conditions (météo) dantesques dans les Alpes, entre Suisse et Italie.

Zéro souci avec ce modèle 2005, le dernier Sportster à carburateur (un collector), et une de ces motos dont on se dit après coup, tellement elle vieillit bien, qu’on n’aurait jamais dû la vendre. C’est la première chose que m’a dite le jeune type qui me l’a achetée : « Je ne la revendrai jamais ! »

Equipement additionnel

– Selle « avancée » (on a tous les bras trop courts sur ces motos, et c’était plus pratique, et surtout moins cher, que de changer le guidon et le faisceau électrique !)
– Support de sissy bar (pour avoir quelque chose où arrimer vaguement le barda, sur la minuscule partie de la selle destinée au passager)
– Amortisseurs Fournalès

2 commentaires pour Passage obligé

  1. Girardet dit :

    Super ton blog! En tant qu’Isérois j’ai déjà roulé sur pas mal de tes routes de la mort, en voiture et a vélo et maintenant en Harley sportster 1200s (1999), que je ne vendrai jamais! Dans le genre route pas mal, il y a la D 220 qui contourne la montée aux 2 Alpes et chez nos amis Savoyards la montée au Grand Colombier par Culoz (joli enchainement de viroulons) et par Virieu le Petit (19 %)! Au plaisir de te croiser sur les routes.

  2. jihel48 dit :

    Bonjour, et merci de ce commentaire.
    Je connais cet accès aux 2 Alpes, à propos duquel j’ai prévu de faire « quelque chose » pour mon blog un jour. Le Grand Colombier, je crois n’y être passé qu’une fois. Je viens de l’inscrire à mon programme de balades pour le printemps prochain ! 🙂
    Cordialement.

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