L’appel du désert

Yamaha XTZ 660 Ténéré (modèle 1992). 1992 ~ 1994

J’ai toujours eu envie d’avoir une Ténéré. La première, la « bleue », avec son gros bidon de 30 litres et sa hauteur de selle qui imposait d’avoir les jambes de Gary Cooper pour s’y sentir à l’aise. C’est une moto qui a vraiment marqué son époque… mais à l’époque mes copains continuaient d’user leur XT, ou leur SR, et je n’avais pas les jambes de Gary Cooper.

La Ténéré que j’ai achetée plus tard, la 660 XTZ, n’avait plus rien à voir avec la « bleue ». Mécaniquement, le refroidissement liquide, le balancier d’équilibrage et les cinq soupapes en faisaient le mono le plus sophistiqué jamais sorti chez Yamaha. La ligne n’était pas très réussie (la bosse du réservoir et la selle aussi creusée que possible lui donnaient le profil d’un bison), et les écopes de radiateur, en plastique peint dans un vilain gris alu avec un sticker ignoble, faisaient vraiment tache. Au retour de mon premier voyage (en Espagne), je les ai démontées et repeintes en blanc, à l’arrach’. C’était pas terrible, mais ça offensait moins la vue.

660 XTZ_640

Bien que moins intimidante qu’une « bleue » hors goudron, elle m’a quand même vite fait comprendre qu’elle n’était pas une moto d’enduro, sur ce chemin raviné censé rejoindre le Col Miscon, dans le Diois, où faire demi-tour a dû me prendre un quart d’heure, en affolant le ventilateur.

Légère, avec un pot Devil qui avait rapidement remplacé celui d’origine, cette moto confortable et facile à charger allait vrai bien sur les petites routes, et on pouvait prendre l’autoroute pour de courtes liaisons. Elle m’a emmené agréablement sur mes terres de Lozère (y inclus sur la belle piste qui du Col de Finiels redescend à Genolhac, que je n’ai osé reprendre avec aucune autre moto – à supposer que ce soit encore possible), mais aussi assez loin en Espagne. C’est avec elle que j’ai « essuyé », près de Teruel, l’orage de grêle de ma vie, et grâce à elle que je ne me suis pas mis par terre sur la route transformée en patinoire.

Ce mono sophistiqué était d’une parfaite fiabilité, et ne m’a causé aucun souci.

Equipement additionnel

– Bulle haute
– Silencieux Devil

Un commentaire pour L’appel du désert

  1. Lan dit :

    Merci d’avoir partagé votre expérience avec cette moto, c’est bien écrit, sensible et en plus juste pour cet engin aujourd’hui légendaire.

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