La reine de la montagne

Yamaha 500 SR (modèle 1978). 1979 ~ 1980

J’aime toutes mes motos, mais celle-là est une de mes préférées. Puis sa conception (la simplicité d’un mono de route lorgnant vers les anglaises) et son rapport poids-puissance (160 kg et 33 CV) la rapprochent beaucoup de ma précédente moto, la Bullet, ce qui en somme referme la boucle.

500 SR_2

Les deux années précédentes (avec la 500 Four) avaient fait de moi un lecteur assidu de la presse moto, surtout Moto Journal. J’avais été frappé par les comptes-rendus enthousiastes des essais de cette « 500 XT pour la route », que certains journalistes de MJ disaient même préférer à la XT sur les petites routes de montagnes. Alors, bien conditionné par les articles que j’avais lus (« mes » choix de moto ont été la plupart du temps ceux de journalistes moto que j’avais appris à connaitre, et j’ai rarement été déçu), c’est sans hésiter que j’ai choisi celle qui inaugurait la série qui allait suivre : routières légères dérivées de trails et trails routiers, avec un ou deux cylindres, épicétou.

L’absence de démarreur, qui fut l’un des freins au succès commercial de cette moto, ne m’a jamais vraiment posé de problème… mais je n’aimais pas la démarrer de nuit, parce que j’avais du mal à voir le repère de calage de l’arbre à cames dans sa petite fenêtre !

C’est cette moto qui m’a fait découvrir ce qui est devenu (et resté) pour moi LE plaisir à moto : rouler sur de petites routes, le nez au vent et les doigts de pieds en éventail, gentiment tracté par un moteur avec pas beaucoup de cylindres, qui tourne à un régime de péniche, en faisant un joli bruit. Mes motos ne se sont jamais trop éloignées de ce cahier des charges, et la Bullet en était la version la plus accomplie.

La 500 SR avait une fragilité connue : un capteur d’allumage qui n’était pas remplaçable seul, et obligeait à une coûteuse réparation. Il a lâché… 15 jours après que je l’aie vendue (comme dirait Denisot : désolé). Au reste, à part une panne d’essence sur la nationale le premier jour, merci le concessionnaire Yamaha ; un refus de re-démarrer inexplicable à l’entrée de Grenoble, un jour, après être allé acheter du pain ; une crevaison (la réparation, à la bombe et à l’arrach’, a tenu jusqu’au remplacement du pneu) ; enfin une casse du support de la béquille centrale en Corse (il faut dire qu’à deux et avec le matos de camping, elle était en surcharge permanente, et je la démarrais debout sur la moto, elle même sur la centrale), je n’ai eu avec elle… que du bonheur. J’ai osé le dire, oui.

En dehors de ce mémorable tour de Corse, mes voyages de l’époque, je ne les ai guère fixés, et je le regrette maintenant.

Equipement additionnel

Un grand pare-brise, particulièrement déplacé sur cette moto, mais reposant à allure soutenue sur de longs parcours. J’avais alors 35 ans de moins, et sans doute que mes allures l’étaient plus (soutenues) que maintenant.

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3 commentaires pour La reine de la montagne

  1. Arno dit :

    J’ai eu la même, de 78, la plus belle des 500 SR. Je l’avais payée 500 francs (oui francs) avec un bras oscillant tordu que j’ai fait redresser. Le cadre aussi était un peu plié (en métal cela dit) mais ça ne m’a pas dérangé. Revendue 500 francs (oui je sais le prix que ça se vend aujourd’hui) pour passer à une R100/7 comme neuve achetée 2000 euros et revendue le même prix (oui je sais le prix que ça se vend aujourd’hui). Je ne vous dirai pas ce que j’ai comme moto aujourd’hui je ne veux pas faire monter sa cote, j’en suis à ma deuxième.

  2. Patrock dit :

    J’ai eu ça aussi (1978), et elle finit de rouiller misérablement dans un coin après s’être faite cannibaliser diverses pièces au profit d’une plus jeune.
    Cette moto était passe-partout y compris en non-revêtu, seul point faible son stator d’alternateur qui cramait le bobinage de charge du CDI plus vite que son ombre (et donc plus d’allumage) et dont le remplacement à neuf incluait aussi l’achat du rotor (politique Yamaha déjà discutable à l’époque).
    Remplacée par un 600 DR, plus « moderne » et confortable, reconditionnée ensuite pour madame, et oubliée dans un coin depuis. Dur dur d’être une mémé…

  3. michel gaglio dit :

    Ce fut ma première moto, le lendemain du permis ; c’était donc mon véhicule principal (pas de voiture). Je l’ai gardé 20 mois et 17 000 kms ; changement des segments et chemise/piston à 15 000 kms, peut être le trajet La Rochelle – Marseille à 110/120 d’une seule traite l’a abimée ?! Trés bonne moto pour départementales et petites nationales. Pas assez puissante pour l’autoroute et j’étais toujours derrière mes copains en 4 cylindres.

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