Le Tour de France vu (à la télé) par un motard

Je regarde régulièrement le Tour de France à la télé, au moins les étapes emblématiques des Alpes et des Pyrénées. Pour le côté « La France vue du ciel », à la Yann Arthus-Bertrand, de mieux en mieux filmé grâce aux hélicoptères et aux drones ; pour la beauté des paysages donc, et pour le patrimoine, longtemps célébré par Jean-Paul Olivier (« Le Tour de France est un cours de France », disait Régis Debray, le 22 juillet 2016, à Annot). Lui a succédé Eric Fottorino, qui n’a pas démérité, puis Franck Ferrand, écrivain et historien, qui s’y colle en 2017. 

Quand je regarde tout ça à la télé, j’ai toujours un crayon à portée de main, pour y noter les routes et les lieux qui pourraient faire l’objet d’une balade à moto.

Je pousse même le vice jusqu’à regarder le Tour de France passer dans des endroits que je connais par coeur, avec ce plaisir un peu étrange qu’il y a à voir sur l’écran de ma télé des paysages familiers. C’est grave, docteur ?

*

Mon intérêt tient aussi à ce qu’il y a beaucoup de motos dans le Tour de France. Des motos non sans qualités, forcément, si l’on songe au traitement inhumain qu’elles subissent (les coureurs aussi, je sais, mais ne mélangeons pas tout).

Depuis les débuts du Tour règnent les classiques et indétrônables flats-twins bavarois (aujourd’hui RT et GS à égalité). L’antique Kawasaki 1000 GTR a un temps, seule ou presque, fait face aux BM. Elle est aujourd’hui remplacée (avec réticence, paraît-il), par sa grande soeur 1400. 

Dans l’édition 2016, j’ai noté que les reporters à moto de France Télévision, Nicolas Geay et Cédric Vasseur, étaient particulièrement choyés, puisque passagers de K 1600 GT 6 cylindres BMW, encore peu répandues alors. Intérêts croisés, je suppose.

Ajoutez à cela un autre modèle de BMW, l’indestructible K 75, qui survit dans les pelotons, et aussi, entre autres, l’ancienne Varadero Honda ; de vieilles Triumph Tiger ; des Yamaha, dont quelques 1200 Ténéré spéciales équipant la gendarmerie et même un T-Max aux couleurs de Mavic, transportant la jolie « ardoisière » qui panneaute les écarts entre les groupes de coureurs.

Parmi les motards, les plus beaux à voir évoluer sont ceux de l’escadron motocycliste de la Garde républicaine, qui a notamment en charge la sécurité du président de la république. Sur le Tour, ils assurent celle des coureurs et du public. Ces motards-là ne sont pas réputés pour leur maladresse.

Le 21 juillet 2015, sur France Inter, Bernard Hinault (quintuple vainqueur du Tour de France) (1), répondait à une question sur les risques pris par certains coureurs dans les descentes, où peut se jouer une victoire d’étape. Hinault, qui fut fin descendeur, la jouait modeste : « C’est pas difficile, la descente : on se colle derrière un motard de la Garde républicaine. Quand il freine, on freine ; quand il freine pas, on freine pas ! »

Vu comme ça, ça a l’air facile, en effet.

Illustrations : letour.fr ; Eddie Merckx dans les Pyrénées en 1969 (origine motoplus.ca) ; La Dépêche.

Note
(1) Je précise cela pour les Martiens qui lisent ce blog, et aussi pour les Séléniens, de plus en plus nombreux à le faire.

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Un commentaire pour Le Tour de France vu (à la télé) par un motard

  1. Renaud dit :

    Je suis martien et sur Mars (dpt de la Loire) la 1000 GTR (la mienne est de 2000) n’est pas considérée comme une antiquité Môssieur le bourgeois ! J’ai aussi la « vieille » Tiger citée, décidément ces motards du Tour de France ont bon goût. 😉

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