Moto et vidéo 5. Montage, mon beau souci

Filet Video_685_b_OKC’est une pizza-party avec des potes, à qui vous avez promis, après, une « surprise ». La surprise, c’est le visionnement, sur la télé Full HD avec un système audio 5.1 qui vous a déjà fâché avec tout le voisinage, de ce petit film-souvenir-retour-d’une-balade-dans-les-grands-cols-italo-suisses (« C’est très court, genre une demi-heure, pi la musique dépote mais grave ! »)

Et là c’est vous qui êtes surpris de voir vos amis surseoir, avec toutes sortes d’arguments incontestables :
« C’est ballot, mais je viens de me rappeler que j’ai piscine ;
— J’aurais bien regardé, mais faut que j’aille finir de classer ma bibliothèque par ordre alphabétique ;
— Oups, j’ai oublié d’aller chercher Albertine à la crèche, sa mère va me tuer », etc.

Des questions basiques
Quelle est la « bonne » durée d’un plan ? d’un film ? Ce sont des questions qu’on se pose (qu’on devrait se poser) dès qu’on cherche à montrer le sien. Et ces questions, il n’y a pas que des motards à GoPro qui se la posent. On peut dire qu’elles viennent avec le début du cinéma, s’il est vrai que le cinéma a commencé, comme dit Jean-Luc Godard (à qui j’emprunte le titre de cet article), dès lors que quelqu’un a coupé et collé ensemble deux plans. Couper et coller, ce sont les gestes de base du cinéma. C’est même ce qui permet de tracer une ligne de partage entre « vidéo » et « cinéma » : la vidéo, c’est quand il y a des images qui bougent ; le cinéma, c’est quand on se préoccupe de montage.

C’est simpliste, je sais (« Ah bon ? Y a pas de montage dans les clips vidéo de Michel Gondry ou Romain Gavras ? »), mais on comprend mieux cette distinction quand on a regardé quelques centaines de vidéos de moto sur YouTube. Moi qui préfère toujours être injuste qu’incohérent, je confesse, cependant, ne pas être allé au bout de cette logique. Laquelle devrait me conduire à désigner mes vidéos comme des « films » – puisque toutes sont montées, et parfois beaucoup. Mais j’ai sans cesse balancé entre les deux termes, et la plupart du temps, je ne suis pas arrivé à employer pour elles le même mot que pour Pierrot le fou ou Citizen Kane. Faute avouée…

zzzessentiel_art5

C’est à leur manière de gérer la durée des plans qu’on reconnait les grands cinéastes. Dans un article célèbre, Serge Daney remarque que chez John Ford, par exemple, ce n’est pas l’action qui donne les durées, mais la perception d’un spectateur idéal, qui verrait tout ce qu’il y a à voir. Ford a été le premier à oser faire durer les plans d’ensemble longtemps, contrairement aux règles en usage à Hollywood. Bah oui, il y a plus de choses à voir dans un plan d’ensemble à Monument Valley que dans le gros plan d’un bouton de porte.

Pleins et déliés
On l’a dit dans le premier article de cette série, si la vraie vie (mettons une balade à moto) est faite de pleins et de déliés, il est tentant, dans un film, de ne garder que les pleins, les temps forts, ceux qui sont les plus susceptibles de « rendre » quelque chose sur un écran : les virages plutôt que les lignes droites (spécialement ces moments où le virage offre, comme un cadeau, une découverte sur un paysage nouveau et magnifique) ; les curiosités (naturelles, architecturales ou monumentales) ; les moments (rares dans mon cas) où l’on dépasse un autre véhicule, et ceux (plus fréquents) où l’on est dépassé ; en groupe les moments aussi, très esthétiques, où la file des motos, étirée devant soi (ou derrière), souligne le profil du virage, plutôt que ceux où l’on filme le sac à dos et la plaque minéralogique de celui qui nous précède.

grand-cucheron

Il y a un public qui considère que les films de moto, c’est comme les histoires drôles : les meilleures sont généralement les plus courtes. Entre les pleins et les déliés, ce public-là préfère les pleins, comme il apprécie dans le cinéma le fait qu’il densifie la vie. C’est pour lui, on l’aura compris, qu’on est en train d’écrire tout ça (1).

Les trois fonctions du montage
1. — Si le cinéma densifie, intensifie la vie, c’est que la première fonction du montage est de sélection/élimination. C’est une des raisons pour lesquelles les films et les séries TV sont moins embrouillés et plus amusants que la vraie vie, qui est parfois un peu ennuyante, comme disent les enfants.

2. — Le montage, c’est aussi faire que les blocs d’images et de sons prélevés dans le monde réel soient en un certain ordre assemblés. Cet ordre est gouverné par des règles, des codes (une grammaire) auxquels il a déjà été fait allusion, et qui sont presque aussi vieux que le cinéma. La mère de toutes ces règles : privilégier la compréhension et le « confort » du spectateur.

3. — L’essence du montage relève de l’induction (au sens électro-magnétique de « transmission d’énergie à distance ») (2). Cette fonction est sans doute la plus importante, mais elle est un peu, ici, off topic.

Le montage que je pratique relève principalement de la première des fonctions ci-dessus, occasionnellement de la seconde (avec les limites qu’on va voir tout de suite), et involontairement de la troisième (quand une balade à moto s’achève étrangement sur le plan fixe d’un monument aux morts).

Film de moto = montage dans l’axe
Les images filmées en temps réel depuis le casque de la moto ou un harnais de poitrine sont, on l’a dit plusieurs fois, coupables d’engendrer la fameuse monotonie des vidéos à point de vue unique. Si l’on n’est pas parvenu à multiplier les points de vue (voir ici), ou qu’on n’a pu/voulu le faire, ces images doivent donc être d’autant plus « animées » par le montage, qui est un « battement de coeur », comme dit joliment Godard. Des études faites sur les talk shows à la télévision dès les années 70 montrent qu’à chaque coupe (à la télévision à chaque changement de caméra, donc de point de vue), l’attention, tendanciellement déclinante à mesure que le plan dure, est relancée. C’est un principe général.

Mais couper dans le flux d’images prises depuis un casque ou un harnais, c’est mettre à mal la deuxième des fonctions du montage. C’est être limité, de fait, aux raccords dans l’axe, qui plus est avec la même focale : voilà à quoi on est plus ou moins « condamné » dans les films de moto (3). Ces raccords sont prohibés au cinéma. La raison ? Cette autre règle générale qui veut que le passage d’un plan à l’autre doit correspondre à un changement important : d’axe, d’échelle de plan, de décor, de contenu, etc. Un « petit » changement dans l’image (cas le plus fréquent quand on coupe dans des images filmées d’un seul point de vue) est perçu comme un problème technique, une erreur de montage, un faux-raccord.

On ne voit jamais au cinéma ces coupes disgracieuses, sauf effet volontaire : il y en a plein par exemple dans À bout de souffle (1960), mais Godard signifiait par là sa volonté de s’émanciper des règles du cinéma « académique ».

De la fluidité avant toute chose
Pour privilégier le confort du spectateur dont il vient d’être parlé, le montage s’efforce de créer une impression de continuité, voire de « coulée continue », à partir de ces éléments discontinus que sont les blocs d’images et de sons (d’espace et de temps) qui ont été tournés. Pas facile pour le motard-vidéaste condamné aux raccords dans l’axe.

fondu-ench

C’est pourquoi il existe la solution de facilité du fondu-enchaîné, souvent proposée comme choix par défaut, du reste, dans les applications de montage grand public (un fondu-enchaîné peut être rajouté automatiquement à chaque coupe). D’une durée appropriée, le fondu-enchaîné crée une agréable sensation de fluidité, qui est le but recherché par le montage en général.

Je crois bien que mes premiers petits films étaient tous montés comme ça. Ca devient vite saoulant, et je fais aujourd’hui d’autres choix. Inventaire des possibles ci-après.

1. — Le mieux, on l’a compris, est de varier autant que possible les points de vue. Mais même quand on y parvient, on se retrouve avec une majorité de plans filmés selon un seul axe, avec le harnais pour ce qui me concerne. Ce sont les plans principaux, les plus « descriptifs », les plus proches du point de vue typique du motard sur sa moto.

Jouer dans ce cas le « changement important » dans le contenu de l’image en rapprochant au montage des parties nettement différentes du parcours. Parfois, c’est quasi impossible, et on devrait réserver l’emploi du fondu-enchaîné à ces cas-là : raccorder en douceur deux plans dont le contenu est semblable atténue l’effet « bizarre » et inconfortable d’une telle coupe. On rappelle une fois encore que le confort du spectateur est la justification ultime de toutes les règles du montage (cf. exemple 1 ci-après, fondu-enchaîné utilisé ainsi à 1 mn 23).

2. — Lier les plans grâce au son, qui « naturalise » la coupe – c’est d’ailleurs là l’une de ses principales fonctions. Par exemple en raccordant les plans sur les passages de vitesse (exemple 1 à nouveau, spécialement à partir de 0 mn 40) : c’est le changement de vitesse qui prend en charge le montage cut des images.

ex_1J’aime bien faire ça, surtout bien sûr quand le moteur est entendu a cappella, c’est à dire sans musique additionnelle : à la fin du plan A on est en fin de seconde, au début du plan B en début de 3ème. Mais A et B peuvent être séparés par plusieurs kilomètres IRL ! (On remarquera qu’il est beaucoup question de plan B dans cet article – mais aussi de plan A, soyons juste. Toute évocation d’une élection quelle qu’elle soit ne saurait être qu’involontaire.)

D’une façon générale, le son est un puissant moyen de lier la sauce – au sens de la cuisine, oui. Même brutale, la coupe passera mieux si le son apporte une « logique » à la rupture comme dans le cas ci-dessus, ou une continuité. (Ces questions importantes seront reprises dans les articles suivants, notamment « Le son de l’image » et « Musique et montage ».)

3. — Faire des passages devant la caméra sur pied – voir cet article. Je sais bien qu’un passage simple est déjà chronophage, mais si l’on a un peu de temps devant soi et puisqu’on s’est arrêté, de toutes façons, on peut en profiter pour réviser sa grammaire (du cinéma), notamment le chapitre du raccord dans le mouvement. Cet exercice de style obligé des apprentis-monteurs (un objet ou une personne en mouvement passe devant la caméra en étant filmé sous deux angles différents) pose d’intéressants problèmes de montage, puisqu’il s’agit de maintenir la continuité et la fluidité du mouvement en articulant deux séries d’images différentes. Après montage, l’objet ou la personne en mouvement ne doit ni s’immobiliser (ne serait-ce qu’un dixième de seconde), ni sembler accélérer au passage de la coupe (4).

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Plan A

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Plan B

Les deux photogrammes ci-dessus sont extraits de l’exemple 2, dans un virage à gauche à 1 mn 04. Pour rendre plus difficile encore cette figure, j’ai non seulement changé d’axe, mais aussi placé la caméra à des distances nettement différentes pour les plans A et B. Bon, c’est pas tip top, mais ça ressemble assez à ce que je voulais faire.

ex_3Le raccord dans le mouvement peut aussi s’opérer sur une partie de ce qui est dans le champ et ne cesse de bouger – au hasard, la main gauche de celui qui conduit la moto. Cette main tient/lâche le guidon, débraye/ embraye, modifie sa position pour toutes sortes de raisons, etc. Je me suis amusé à plusieurs reprises à couper au moment où ma main gauche, l’ayant quitté, revient vers le guidon, et à raccorder, au plan suivant, au moment où elle reprend sa place, en essayant de maintenir une continuité.

Le spectateur perçoit un même mouvement (la main qui l’avait lâché se pose sur le guidon) alors qu’il s’agit de deux mouvements
différents, pouvant être séparés par plusieurs centaines de mètres, ou plusieurs minutes. Mais les plans n’en sont pas moins liés par ce raccord, et par « l’unité organique » du geste. Exemple 3, à 4 mn 06 ; exemple 4, à 3 mn 58. Ci-dessous, empruntés à ce dernier exemple, fin du plan A et début du plan B.

zzzzzzzzzzzraccord-mvt1zzzzraccord-mvt2

Ces raccords passent en quelques dixièmes de seconde. C’est dire que dans le meilleur des cas, ils sont perçus, et pas vus, d’autant que les choses se situent à la périphérie du champ. Le rapport temps passé au montage/effet sur le spectateur est donc particulièrement défavorable.

Que dites-vous ? Tout ça est donc inutile ?

C’est inutile ? Je le sais !
Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès.
Non ! Non ! C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! (5)

4. — Utiliser la musique pour fluidifier le montage, et même pour l’organiser. Le rôle de la musique sur les images est si important qu’il vaut bien qu’on lui consacre deux articles spécifiques, à venir.

Un bon principe…
Il n’y a pas bien longtemps, j’ai entendu à la radio quelqu’un parler d’un cinéaste dont les plans ne dépassaient jamais 22 secondes. J’ai oublié qui était ce quelqu’un, et de quel cinéaste il parlait (Rohmer, m’a-t-il semblé. Mais j’ai revu peu après Pauline à la plage, dont plusieurs plans dépassent cette durée. D’assez peu, en fait).

J’ai trouvé ça bizarre, et en contradiction avec ce qui précède sur la bonne durée du plan, John Ford, toussa. Puis des réalisateurs que j’aime bien osent des plans très longs, et d’autres ne répugnent pas, dans les scènes d’action, au montage clipé, avec des plans d’une seconde.

Mais je me suis aperçu que pour mes petits films de moto, sur trois ans j’ai eu tendance, a) à viser, pour l’ensemble, une durée d’environ 5 mn (moins si possible), soit une division par trois par rapport à mes premières tentatives, et b) au feeling, à ramener la longueur des plans à des valeurs comprises entre 15 et 30 secondes. Tiens, tiens ! En y réfléchissant, je me suis dit que pour les films que je fais, avec un matière très homogène (des paysages filmés au grand angle qui défilent devant une moto), ces 22 secondes pouvaient constituer une sorte de valeur moyenne idéale, un peu comme le nombre d’or pour ce qui est du rapport entre deux grandeurs inégales (!) Et j’ai décidé, sauf exception, de m’appliquer à moi-même le principe des 22 secondes, dont je vais essayer de déposer le nom (6). Sourire_16

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… mais l’appliquer, c’est s’arracher un bras
Si le principe me plait par sa simplicité, il est terriblement difficile à appliquer, tant nous sommes incapables de prendre de la distance avec nos images et d’y sabrer comme il faut. De faire avec la vidéo ce que Boileau recommandait avec l’écriture, dans son éloge de Molière : « Si j’écris quatre mots, j’en effacerai trois » (les rushes étant les « quatre mots », dont le montage ne conserverait qu’un seul).

C’est qu’elles sont tellement belles, nos images, et tellement indispensables, toutes ! On ne va quand même pas couper dans cet enchainement de virages que, pour une fois, on a bien négociés (50 longues secondes). Et cette ligne droite (1 mn 10), d’accord, elle est un peu monotone, mais t’as vu le paysage ? Avec les montagnes au fond où on va passer tout à l’heure et tout ? On est obligé de la garder, la ligne droite ! La traversée (1 mn 57) de ce joli village de caractère est interminable ? Bah, oui, mais il y a un vieux paysan qui me salue avec sa canne et je lui réponds, c’est trop bien, non ? etc.

Plus je fais du montage, plus je crois à la brièveté, et plus je crois au principe des 22 secondes. L’appliquer me parait souvent aussi facile que de m’arracher un bras, mais je suis sûr que, d’une façon générale, le film y gagne quelque chose.

*

Un lecteur me signale que la collection du musée de la moto et du vélo Maurice Chapleur, située à Amnéville en Moselle et classée « Trésor national », jusqu’ici propriété de la commune, est en passe d’être vendue et dispersée. Cette collection est riche de plus de 150 motos, dont 57 d’avant 1914.

Il me demande de communiquer le lien vers la pétition créée pour que soit sauvée la collection Maurice Chapleur. Je le fais bien volontiers. (Cette pétition est également relayée par MotoMagazine, n° 335, mars 2017.)

zzz

> Moto et vidéo, la série
1. Note d’intention
2. Cadre et point de vue
3. Une moto, une caméra, trois possibilités
4. C’est la lumière qui fait tout
5. Montage, mon beau souci
6. Le son de l’image
7. Musique, le choix
8. Musique, montage et mixage

Filet_Note_Billet_Gris3_h10Notes
(1) Non seulement le public apprécie les pleins, mais de plus en plus il aime que ceux-ci s’enchaînent rapidement. Des spécialistes ont mesuré que de Blade Runner, 1982, à Minority Report, 2002, en vingt ans, donc, le rythme du montage des films a été multiplié par quatre  (= la durée moyenne des plans a été divisée par quatre).
(2) Cette fonction essentielle 
peut être résumée ainsi : coller ensemble un élément A et un élément B crée dans l’esprit du spectateur un rapport entre les deux, celui-ci donnant aux images « un sens qu’elles ne sauraient avoir en dehors de cette association » (Jean Mitry). Cette fonction du montage, systématiquement sollicitée par S. M. Eisenstein ou par Charles Chaplin (au début des Temps Modernes il juxtapose l’image d’ouvriers se rendant à l’usine et celle de moutons avançant en rangs serrés) a été théorisée par Lev Kouletchov (1899-1970). Dans une expérience célèbre, celui-ci fit succéder au même plan A (le visage volontairement inexpressif d’un acteur connu, Ivan Mosjoukine), les plans B suivants :
— un cadavre ;
— un enfant en pleurs ;
— une femme en déshabillé ;
— une assiette de soupe.
Les spectateurs admirèrent le talent de l’acteur, et lisaient successivement sur son visage la tristesse, la pitié, le désir, l’appétit, etc.
(3) La GoPro a un objectif à focale fixe, mais de trois à cinq « focales » différentes peuvent être obtenues de façon logicielle. On imagine mal qu’on en change en cours de route.
(4) Dans les manuels de cinéma, on enseigne qu’on doit conserver dans le plan A 1/3 du mouvement, et 2/3 dans le plan B. Mais à appliquer cela de façon rigoureuse, il en résulte une sensation de mouvement heurté, le raccord ne semble pas « juste ». Pour restituer la fluidité du mouvement, il faut enlever quelques images supplémentaires, de l’ordre de 5 à 7, soit environ 0,2 seconde, quand on tourne à 30 images/sec. On dit que les images enlevées « passent dans la collure », expression née, on le comprend, à l’époque où le cinéma se faisait sur pellicule.
Seuls le savoir-faire et l’expérience du monteur, qui est souvent une monteuse, permettent d’arriver à un résultat parfait. Mais c’est déjà une petite satisfaction de s’en approcher.
(5) Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897.
(6) Le premier film où j’ai appliqué ce principe de façon volontariste est celui-ci.

 

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5 commentaires pour Moto et vidéo 5. Montage, mon beau souci

  1. Philippe dit :

    Le début de ton (toujours très bon) article m’a fait penser aux « traditionnelles » soirées « diapos-de-retour-de-vacances » de mon enfance ! Bigre ! La belle époque.
    Mais, le fond me suggère une remarque qui ne concerne que moi : j’ai horreur de ces montages style clip dans lesquels les plans ne durent que de 1/2 à 2 secondes. Je n’arrive pas à fixer la scène. C’est super pénible pour moi. C’est grave docteur ?

    J’suis p’têt’ trop vieux ?

  2. Gérard ou encore Geleon dit :

    On rentre dans le dur ! Déjà à la première lecture de ce texte, il faut relire certains paragraphes plusieurs fois. Mais je crois que je vais recommencer, histoire de bien assimiler !
    Quand je faisais de petits films de vacances en S8, je m’étais mis une limite de 10 secondes minimum par plan (la bobine coutait cher !) et je comptais les secondes avec l’œil collé à l’œilleton de ma Bauer. En vidéo semi-pro, on mettait 20 secondes mais là, c’était des films de formation, la lenteur était nécessaire à l’assimilation des « regardants ».
    Ceci dit, tu le dis bien, la longueur des plans imprime le rythme du film et de ce que l’on veut « dire ». Quant à la durée totale, je suis d’accord avec toi aussi sur les 5 minutes, sauf exception.
    Bref, tu nous apprends plein de choses et tu en confirmes d’autres que j’avais expérimenté.
    Je crois que je vais me remettre à la vidéo. 🙂
    PS : Je pensais aussi aux plans de coupe mais à bien y réfléchir, c’est un peu hors sujet sur les films de motos.

    • jihel48 dit :

      Merci Gérard pour ce commentaire.

      Les plans de coupe dont tu parles, qui, dans les interviews, servent à dissimuler et faire passer le fait qu’on a monté (et aussi à changer de point de vue), ne sont pas vraiment « hors sujet ». Ceux que l’on pratique dans les films de moto (sur la roue avant en plan rapproché, sur la bobine du conducteur, sur un pied qui passe une vitesse), s’y apparentent. Mais là, ils servent d’abord à rompre la fameuse « monotonie ».

  3. Askell dit :

    Je suis en accord avec les commentaires de Géléon il faut relire ton article 2 fois et aussi avec Philippe les séances de diapos. En Algérie j’en ai fait plus de 500 et tous mes amis n’en pouvaient plus des diapos après les repas (arrosés)… Sans aucun son bien sûr, sauf le ronflement d’un ou deux… et le claquement du Prestinox semi auto (que j’ai encore). Mais quand tu parles de la durée des plans !!! J’ai fait du super 8 pendant 20 ans et on m’a toujours dit un plan c’est 5/7 secondes !! surtout dictées par la durée du film qui était de 3 minutes 15… et aussi de son prix. Mais je faisais du montage et avec ma colleuse je coupais et raccordais des plans peut-on parler de montage ???
    Tu fais des vidéos de 4 minutes mais c’est parfait c’est juste ce qu’il faut et on dit ah! déjà fini… Tu sais nous captiver, et un merci pour nous renvoyer sur tes vidéos précédentes, toujours avec bonheur. Pour rompre la monotonie tu as la maitrise du contrechamp… Avec tout ce que tu nous apprends, je crois que nous regarderons différemment tes vidéos mais est ce un bien ????
    Merci Jihel, continue, on te suit…

    • jihel48 dit :

      Merci Askell pour ce commentaire… bien trop élogieux cependant.

      Faire du montage, basiquement, c’est couper et coller. On monte des films et des vidéos, de la musique, des paroles dans une interview pour la radio, des textes, même (Eisenstein s’émerveillait de voir du montage partout, même chez Dickens ou Dostoïevski, par exemple). Alors oui, tu as fait du montage.
      Tes remarques sur les durées sont utiles pour rappeler que la vidéo (aujourd’hui le numérique e. g.) ont tout changé. Au temps où le cinéma se faisait sur pellicule en effet, et quel que soit le format, on avait toujours en tête, pendant que le film tournait dans la caméra, ce que ça allait coûter. Cela obligeait à plus de rigueur dans l’écriture, et plus d’organisation dans le tournage.
      En vidéo, tourner ne coûte « rien » (noter les guillemets, quand même). D’où une préparation moins exigeante, des rushes au kilomètre, un temps de montage multiplié d’autant (quand montage il y a), et surtout l’omniprésence de la vidéo sur tous nos écrans.

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