Drôme. Vallée de la Roanne

Filet Video_685_b_OKLa Roanne est une jolie rivière d’une trentaine de kilomètres, qui prend sa source au pied du Mont Angèle (le nom d’un film de Pagnol adapté d’un roman de Giono !), et se jette dans la Drôme au Pont d’Espenel. On est ici à 3 km de Saillans, désormais haut lieu de la démocratie participative, et sur la belle D 93 qui relie Livron, dans la vallée du Rhône, à Aspres-sur-Buëch. Cette route passe par Die et le Col de Cabre, autant de noms qui ne manqueront pas d’amener un sourire entendu sur le visage des motard(e)s.

Google_Loc2014_gris5Suivre la vallée de la Roanne sur toute sa longueur est une bonne idée : après les pentes pelées du Mont Angèle (que l’on aperçoit brièvement, sur la gauche, au tout début de la vidéo) et les terres agricoles qu’on longe jusqu’à Saint-Nazaire-le-Désert (de cet endroit j’ai dit quelques mots ici : « Quand t’es dans le désert »), le parcours devient plus accidenté après le charmant village de Pradelles. La rivière s’enfonce alors dans des gorges. Des gorges pas si profondes que ça, où l’on peut trouver, m’assure-t-on, d’agréables vasques d’eau pour se rafraîchir l’été.

La vallée de la Roanne a servi de cadre au comparatif « Trails » de MotoMagazine n° 326 (avril 2016), qui consacre la Honda Africa Twin comme nouvelle référence de la catégorie, après l’avoir confrontée aux BMW F 800 GS, KTM 1050 Adventure et Triumph Tiger 800 XCX.

« Une route à privilégier pour flâner en direction du sud de Die à Nyons », dit l’article.
Pas mieux… sinon que remonter vers le nord par cette route, c’est bien aussi.

Le site de la Vallée de la Roanne.

*

À propos de la musique de cette vidéo, mais pas que
Pour ceux qu’intéressent Niccolo Paganini, David Garrett, Nicole Scherzinger,
ainsi que la musique et le doublage des films.
Pour ceux que rien de tout cela n’intéresse : la vidéo est au bas de ce texte.

Pour garder une unité à la partie musicale de mes vidéos, j’aime assez utiliser plusieurs versions (ou variations) différentes d’un même thème. On trouvera par exemple quatre versions différentes du standard de Johnny Cash Wayfarin’ Stranger dans la vidéo tournée au Cormet d’Arèches. Au cinéma, c’est cela que demande le réalisateur à un « vrai » compositeur de musique de films, qui fait alors du sur mesure.

Dans la vidéo du jour, on entend deux versions instrumentales du tube de Justin Timberlake Cry Me a River – qui n’a rien à voir avec la chanson éponyme d’Arthur Hamilton, popularisée en français dans les années 80 par la chanteuse Viktor Lazlo sous le titre Pleurer des rivières.

La seconde de ces versions est signée du violoniste David Garrett. Quelques auto-injections de Wikipedia m’ont appris que ce pur virtuose a enregistré à quinze ans les Caprices de Paganini et a étudié avec Itzhak Perlman. Respect donc, deux fois. Il fait partie des rares privilégiés qui ont joué le violon « San Lorenzo » d’Antonio Stradivarius, ceci grâce à l’intervention d’une fondation privée.

À partir de 2008, son exceptionnelle virtuosité, et peut-être la couleur de l’argent, le poussent vers la pure performance. Je n’ai pas dit « de foire », mais il y a de ça. Le Vol du bourdon exécuté, c’est le cas de le dire, en 1 minute et 6,56 secondes sur le plateau d’une émission de télévision a fait de lui le recordman du monde du morceau de violon joué le plus rapidement. Vous ne saviez pas que ce type de record existait ? Moi non plus.

Sa carrière évolue alors vers le crossover (le croisement entre différents styles de musique), avec reprises dans un style classique de tubes de la musique pop-rock, et collaborations diverses avec ses interprètes. Naturellement, il perd alors la faveur des pur(iste)s amateurs de musique classique, qui par ailleurs dézinguent allègrement le film dont il va être parlé.

Le violoniste du Diable
David Garrett est l’interprète principal du biopic de Bernard Rose, The Devil’s Violonist (2013), consacré à Niccolo Paganini. Avec son allure de rock-star, ses cheveux longs et son regard fiévreux, le virtuose d’aujourd’hui incarne assez bien l’auteur des Caprices, dont on disait qu’il devait sa virtuosité à un pacte (faustien, forcément) passé avec le Diable. Chose rare au cinéma, il faut moins de trente secondes pour réaliser que le violoniste époustouflant que l’on voit à l’image est bien… celui qu’on entend.

Au cinéma, comme on sait, on double par un vrai virtuose un acteur/une actrice à qui l’on a donné quelques heures de cours de « son » instrument, pour en apprendre les principales postures (mettons Emmanuelle Béart, assez convaincante d’ailleurs, dans Un coeur en hiver de Claude Sautet, 1992). Puis on le/la filme de dos, de loin, en multipliant les plans de coupes sur des mains qui ne sont pas les siennes, etc. Tout est fait, en somme, pour éviter que ne soit mise en évidence le fait que la parfaite synchronisation, entre ce qu’on voit et ce qu’on entend, est en l’occurrence impossible.

Rien de tel dans The Devil’s Violonist, où l’on peut apprécier le jeu étourdissant de David Garrett, y compris une séquence de concert dans lequel le violon finit avec… une seule corde (1). La séquence évoque un fait avéré, semble-t-il : Paganini aurait terminé l’un de ses concertos en jouant toutes les notes sur la seule corde de sol de son violon, après avoir cassé les trois autres !

Duos de charme
Même quand ils ne sont pas très bons (ce qui est le cas de ce biopic), je trouve toujours quelque chose qui m’intéresse dans les films sur la musique et les musiciens. En l’occurrence, il s’agit d’un moment nullement virtuose : il y a bien sûr une romance, dans ce film, entre Paganini et la fille de son producteur londonien John Watson, romance qui se noue lorsqu’ils interprètent ensemble l’aria Io ti penso amore, adaptée de l’adagio du 4ème concerto pour violon (2).

Ce moment de grâce, où passe l’idée que la musique peut être une forme de communication ultime entre les êtres, donnera des frissons à tout homme (et femme) normalement constitué(e). Ou je n’y connais rien en hommes et femmes normalement constitués.
Io ti penso amore, version de concert (3)

Crossoverien un jour, crossoverien toujours : David Garrett a également interprété ce thème avec Nicole Scherzinger, l’ex-chanteuse du groupe Pussycat Dolls, et l’apport (?) d’une rythmique « moderne ». Dans l’exercice, la chanteuse n’est pas ridicule. À voir ici (le clip emprunte une partie des ses images au film de Bernard Rose), et à (ré)écouter , sur les images d’une montée au Col du Galibier un jour de pluie (à partir de 1 mn 55).

Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, Nicole Scherzinger dans ses œuvres, en 2005 :
Don’t Cha, avec le rappeur Busta Rhymes.

La chanteuse a vécu une relation tumultueuse avec Lewis Hamilton. Voilà qui nous ramène aux sports mécaniques ! Sourire_16

HD 720p
— Les recommandations relatives au visionnement des vidéos de ce blog sont désormais regroupées dans la FAQ > Sur les vidéos.
— Pour des raisons indépendantes de ma volonté, mais fortement dépendantes de la législation sur le droit d’auteur, cette vidéo :
a) ne peut être vue en Allemagne (Ich bin aufrichtig leid). Plus d’informations : FAQ > Sur les vidéos > Accès impossible dans certains pays.
b) risque de ne pas être vue sur certains téléphones portables, consoles de jeu ou décodeurs. J’en suis sincèrement désolé. 

 

Notes
(1) Cela ne signifie pas, bien sûr, qu’il n’y ait pas de post-synchronisation dans le film. Sauf exception, il y en toujours dans un film de fiction, ne serait-ce que pour des raisons de « commodités » diverses.
(2) Le 29 mars 1828, Franz Schubert assiste à Vienne au concert de Paganini, qui est alors la coqueluche des cours d’Europe, et joue son 4ème concerto. « J’ai entendu dans cet adagio chanter un ange », écrit-il.
Charlotte Watson est interprétée dans le film par l’actrice américaine Andrea Deck, aussi charmante que crédible en chanteuse : elle a étudié à la London Academy of Music and Dramatic Art.
(3) Si vous utilisez Firefox et que vous avez le sentiment d’une désynchronisation sur la voix de la chanteuse (visible sur les gros plans du visage), cela signifie probablement que vous avez atteint la limite de la taille du cache de votre navigateur. Voir ici : FAQ > Sur les vidéos > Désynchronisation.

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2 commentaires pour Drôme. Vallée de la Roanne

  1. Askell dit :

    Ce vendredi il pleut sur Brest !!! et sur St Malo, mais cette vidéo que du bonheur… merci Jihel, et surtout ne te presse pas de terminer le voyage, tu nous manqueras… Amitiés.

  2. Battavoine dit :

    C’est ça qui est bien ici : de la moto, des balades, mais pas que. Il y a aussi de la musique, du cinéma et un tas d’autres choses qui enrichissent le lecteur motard.
    Merci encore.

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