Sur une chanson de Stephan Eicher

Filet Billet_685_bleu3_OKChacun le sait : Grenoble, la capitale des Alpes, s’est construite au pied des montagnes – que l’on aperçoit d’ailleurs, au bout de chaque rue. Cette configuration géographique, agréable à l’œil et plaisante sur les cartes postales, a néanmoins quelques inconvénients pour les Grenoblois : ici on finit par ne plus savoir ce qu’est un « beau coucher de soleil » (les montagnes l’occultent), et l’été, en présence d’un anticyclone, les masses d’air chaud ont tendance à rester bloquées au fond de la « cuvette ». À Grenoble les températures sont souvent parmi les plus élevées de France, et l’absence de mouvement de l’air ajoute à la sensation d’étouffement.

Dans ses Mémoires d’un touriste (1838), déjà, Stendhal remarquait comme « à une hauteur étonnante, le Mont Taillefer, par sa neige éternelle, faisait contraste à la chaleur ardente » de la ville. La neige au Taillefer, 2 857 m, n’est pas « éternelle », mais on ne va pas ergoter avec le grand homme, d’autant que sur la « chaleur ardente », il a tout bon.

C’est ainsi que de tous temps, les Grenoblois aisés se sont dotés d’une résidence secondaire vers 1 000 m d’altitude, sur les contreforts de « leurs » montagnes. Ils y passent l’été au frais, et j’en suis content pour eux.

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Si ces montagnes sont coupables de rendre éprouvant l’été grenoblois (avec la participation active de la société Arkema), elles restent un formidable terrain de jeu pour les motards. C’est pourquoi il m’arrive souvent d’aller déjeuner au frais dans le Vercors ou en Chartreuse. En revisitant, sous le casque, la belle chanson de Stephan Eicher.

(…) Elle prend son café en riant
Elle me regarde à  peine
Plus rien ne la surprend sur la nature humaine
C’est pourquoi je voudrais enfin si elle le permet
Déjeuner au frais, déjeuner au frais…

Photo prise au Désert d’Entremont-le-Vieux, dans le Massif de la Chartreuse.
Il y faisait ce jour-là 23°, et 36° à Grenoble.

Filet_Note_Billet_Gris3_h10La chanson de Stephan Eicher Déjeuner en paix (avec les vraies paroles de Philippe Djian) est parue sur l’album « Engelberg », 1991.

Le clip officiel.

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7 commentaires pour Sur une chanson de Stephan Eicher

  1. Battavoine dit :

    Très belle chanson de Stéphan Eicher.
    Elle tombe mal aujourd’hui tant il est difficile de « déjeuner en paix » ce matin.
    Bonne route Jean-Louis et merci de continuer à nous apporter un peu de ta poésie motarde dans ce monde de fous.

    • jihel48 dit :

      Merci Daniel pour ce commentaire, et pour ces encouragements.

      Parti dans la Drôme pour retrouver le soleil avec les images de Christopher Froome trottinant vers le Chalet-Reynard, je suis revenu avec celles de Nice.

      Hasard de la programmation, comme on dit, et terrible collision que celle qui s’est produite entre ce billet « de vacances », particulièrement anodin, et la violence du réel.

      Un peu avant, la chanson de Stephan Eicher dit ce qui suit, que j’avais préféré, en écrivant ce billet il y a une semaine, de ne pas citer…

      J’abandonne sur une chaise le journal du matin
      Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent
      J’attends qu’elle se réveille et qu’elle se lève enfin
      Je souffle sur les braises pour qu’elles prennent

      Cette fois je ne lui annoncerai pas
      La dernière hécatombe
      Je garderai pour moi ce que m’inspire le monde
      Elle m’a dit qu’elle voulait si je le permettais
      Déjeuner en paix, déjeuner en paix (…)

  2. Quand j’ai vu ton titre j’ai pensé direct « Wooow ! Il doit être à Engelberg ! »… juste à cause de l’allusion à Stephan Eicher 😉

    C’est drôle, je ne suis jamais vraiment allée rôder du côté de Grenoble à l’époque où je vivais en Suisse mais il va falloir que j’y aille un de ces 4 quand même parce que ça a l’air super beau ! Aaaaahhhh ! Les Alpes !
    Happy Trails, Mister Biker ! 🙂

  3. Philippe dit :

    Bonsoir,
    sur les conseils avisés d’un ami motard d’un département Breton voisin (22), je découvre ce blog avec grand plaisir. Ce billet lu au hasard ce premier soir, me fait penser à une citation d’Alphonse Allais : « je déteste la montagne, elle cache le paysage »… Alphonse ne devait pas être motard !
    Merci pour la qualité générale exceptionnelle de ce blog.

  4. Olivier Mottin dit :

    Par chez moi [à La Réunion, NDLR], les riches Créoles avaient dans les hauts, une maison de changement d’air, généralement à la plaine des Palmistes (à partir de 1000 m), la plaine des Cafres (à partir de 1200 m) ou encore dans le cirque de Cilaos. Outre la possibilité d’échapper à la moiteur des bas durant l’été austral, on se mettait aussi à l’abri de l’anophèle, vecteur on le sait de tant de désagréments.
    De nos jours la tradition s’est un peu perdue, la voiture permettant des aller-retours fréquents (à défaut d’être rapides), mais ce qui manque aujourd’hui surtout c’est le « désert », tant 800 000 personnes sur 2500 km² ou simplement un peu plus du tiers est habitable, ce n’est pas propice aux réflexions solitaires.
    Ce qui est toujours présent en revanche c’est la fraicheur, avec parfois 5 degrés le matin (dans la plaine des Cafres) et à peine 18 en journée certains jours d’hiver austral, alors qu’il peut faire 29 dans les bas.
    Comme dit un vieux séga « si ou la trop chaud, nou l’a monte dans léo », « la chaud, la chaud nounana, lafré, lafré nounana ». Comme on dit trivialement certains matins au réveil « lafré y coke oté ».

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