Suisse, Italie. Le Stelvio, enfin ! (2015). 2 sur 3

Filet Recit_685Le récit du voyage de nos héros au Stelvio se poursuit ici, leur deuxième journée étant déjà bien entamée. Ils ont dû s’équiper pour la pluie – une vieille habitude chez eux – à l’approche du premier des grands cols à leur programme aujourd’hui, qui n’est pas n’importe lequel : c’est celui de la Furka, celui de la source du Rhône, celui qu’une séquence de poursuite en voiture, dans Goldfinger, a rendu célèbre dans le monde entier (1).

Gletsch
Ca n’est pas derrière un autocar, mais un camion de chantier, sous la pluie et sur une chaussée glissante, qu’on repart sur la route de Gletsch. On longe toujours le Rhône au plus près, lequel est maintenant un torrent joliment sauvage. On longe aussi les rails du petit train rouge.

C’est un peu pénible, quand on fait des photos en roulant, de se traîner derrière un véhicule peu photogénique et pas facile de doubler. Ici, le meilleur choix était de s’arrêter un moment, et on a eu raison de le faire : devant nous se déploient les épingles du Col du Grimsel, qui rejoint à Gletsch la route de la Furka.

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Malgré la pluie bien installée, j’ai adoré la pause qu’on a faite à Gletsch, officiellement pour y acheter l’écusson à ajouter à ceux qui constellent déjà l’arrière de la moto de M., grand voyageur s’il en est. C’est là que je tombe en admiration devant l’immense Hôtel Glacier du Rhône. « Immense », il l’est en effet, comme beaucoup d’hôtels de montagne dans ces régions touristiques. « Du Rhône », il l’est sans aucun doute, même si le fleuve, qui longe le parking de l’hôtel, doit faire ici 4 à 5 m de large, ça fait bizarre pour quelqu’un qui a l’habitude de le traverser à Charmes ou à Pont-Saint-Esprit.

En plus, du parking où je suis allé photographier le glacier du Rhône (son empreinte, plutôt), avec l’hôtel Belvédère qu’on aperçoit tout là-haut, je découvre que l’hôtel dispose d’une petite chapelle individuelle et portative !

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Tout cela est désert, et la maison située de l’autre côté de la route du Grimsel semble abandonnée et menace ruine. C’est impressionnant, et pour moi, bien sûr, immédiatement « embrayeur de fiction », n’importe quel grand hôtel isolé en montagne me renvoyant aussitôt à celui de Shining ! A défaut de labyrinthe de verdure dans le square attenant, il ne fait aucun doute qu’un tunnel permet de relier les multiples souterrains de l’hôtel et la petite chapelle, au bénéfice de quelque société secrète.

Chapelles et églises sont souvent édifiées, on le sait, sur d’anciens lieux de cultes païens. Le Rhône, dans la mythologie grecque l’Éridan (dieu fleuve dans lequel meurt le soleil), ne pouvait qu’avoir le sien. Confirmation à l’Office de tourisme, où l’on m’indique que selon une légende locale, sous le glacier du Rhône vivent toutes sortes de créatures elfiques, goules, trolls et autres gnomes (dont le fameux gnome Etrhône). S’il pouvait parler, cet endroit en aurait des choses à dire !

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Montons sous la pluie
Il n’y a pas grand monde sur la route, j’aime ça. De rares voitures (parmi lesquelles des Porsche en surnombre), un ou deux campings-cars, et nous. On laisse passer une Porsche, justement, pour ne pas se faire bouchonner dans la montée, et on s’engage sur la route de la Furka, Furkapass dans la langue d’Angela Merkel. Ouverte en 1866 pour des raisons militaires et stratégiques, c’était la route de col la plus longue de Suisse, à l’époque. Avec 2 431 m, ce col est l’un des plus élevés du pays, et marque la ligne de partage des eaux européenne : à l’ouest, le Rhône, qui prend ici sa source et s’écoule vers la Méditerranée, alors que de l’autre côté, l’eau de la Furkareuss prend la direction de la Mer du Nord.

G0693237_h406Sous une pluie discrète mais persistante, on fait la montée seuls, un privilège incroyable quand on se souvient que lors de notre passage en août 2010, les motos (parmi lesquelles l’omniprésente 1200 GS, ma moto à l’époque) chassaient ici en meute, terrorisant les conducteurs de camping-cars cramponnés à leur volant. Le panorama est vraiment exceptionnel, et les nuages, chance dans notre malheur, ne nous en privent pratiquement pas. Dans une des dernières épingles, on aperçoit à droite le train à crémaillère avec embarquement des véhicules qui permet, à travers le tunnel de base ouvert en 1982, de maintenir une liaison toute l’année entre le canton d’Uri et le Valais.

Si les nuages ne nous privent pas du paysage, le réchauffement climatique, en revanche, nous prive du glacier du Rhône, à peine visible à présent depuis la route (vers 1850 encore, il descendait jusqu’au fond de la vallée). Il me semble même que le recul est sensible depuis l’été 2010, mais c’est peut-être de l’auto-suggestion. Rien de tel en tout cas, pour combattre le climato-scepticisme, que de venir faire un tour par ici.

Belvédère, le bien nommé
En plus des nôtres, les seules motos sur le parking quasi désert de l’hôtel Belvédère sont celles d’un groupe de Polonais, venus avec une bonne partie de la gamme BMW, de la GS à la K 1600 GT 6 cylindres.

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Alors qu’il y a cinq ans j’avais passé du temps ici à rêvasser devant la source du Rhône (2), et que j’avais tenu à ce qu’on aille faire la balade sous le glacier, cette année, c’est l’hôtel Belvédère qui retient toute mon attention. Ce bâtiment magnifique et magnifiquement situé (rarement hôtel aura mieux porté ce nom galvaudé) fut rendu célèbre par ce plan de Goldfinger où l’on voit la Rolls plaquée or passer devant (3).

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Aujourd’hui une affichette le dit fermé jusqu’à l’été prochain, mais on le dirait à l’abandon (c’est moi qui fantasme ou bien ?) La prestigieuse enseigne elle-même semble n’avoir pas connu le coup de pinceau qui va bien depuis des années.

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En m’approchant je ne peux m’empêcher, avec le sentiment vague de commettre une indiscrétion, de regarder à l’intérieur, derrière les fenêtres aux rideaux ornés de désuètes broderies. Cet hôtel mythique de bientôt 130 ans a, comme dit ce site suisse, le charme des grandes bâtisses 1900, celui de « la bourgeoisie » : « Façades brutes et solides pour lutter contre le vent fou des cimes (on en saura quelque chose, NDLR), volets verts tranchant avec l’austérité des murs en pierre (…). Une étape dépaysante où, dans le calme de la nuit, troublé de temps à autre par les grincements du glacier ou le sifflement du vent, vous vous croirez en plein roman d’Agatha Christie… » Si avec ça, et juste pour cette phrase, vous n’avez pas envie de faire étape ici !

Très isolé, l’hôtel Belvédère est-il victime de la concurrence de ceux des villages proches, et plus animés ? Avec l’essor du tourisme alpin au XIXème siècle, cette région est apparue comme un paradis pour les vacanciers-skieurs (le massif de la Furka est l’un des plus enneigés de Suisse), et un grand nombre d’hôtels ont été construits sur les 43 km qui séparent Oberwald d’Hospental (juste avant Andermatt, et au débouché de la route du Gothard). La plupart existent encore aujourd’hui.

Rencontres à la Furka
Au col lui-même, situé à quelques encablures de l’hôtel, on fait deux rencontres intéressantes. Sur la gauche de la route, debout dans une remorque, un agent de la DDE suisse décolle un par un, il a presque fini, les innombrables autocollants qui constellent par ici le moindre panneau. Des moto- et vélo-collants, plutôt, car on sait que c’est une des distractions favorites des clubs que d’apposer ainsi leur signature dans les grands cols, pour preuve de leur passage.

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Collin Audibert sacrifiera ici à la tradition, « recommandation [lui] ayant été faite d’emporter avec lui les stickers RoadTrip Magazine ». Les ayant « bien évidemment oubliés » (ce genre de détail me le rend sympathique), il se contentera « d’un bricolage de fortune à base de scotch et de cartes de visite ». Cher Collin, si tu me lis, je suis au regret de te dire qu’il n’en reste rien.

Par gestes, je fais signe à M. de se méfier du préposé au décollage : des fois que, tel le Charlot des Temps Modernes se jetant, clé de quatorze en main, sur tout ce qui ressemble à un écrou, il se mette à décoller tout ce qui passe dans son champ de vision, et s’en prenne aux nombreux motocollants de la Triumph !

Un peu plus loin (après l’Albula), Collin Audibert et son photographe ont immortalisé les « beaux sourires » de deux jeunes randonneuses, « venues découvrir les sentiers de randonnée de Suisse ». A la Furka nous avons les nôtres, avec en prime deux cyclistes en train de s’équiper pour la pluie (ai-je dit qu’il pleuvait toujours ?) Emmitouflées dans leurs K-Ways, les deux jeunes filles, qui sont accompagnées d’un golden retriever, étudient les horaires des bus qui passent ici, sur le panneau matérialisant l’arrêt. En Suisse, il est possible de randonner en montagne en se servant uniquement des bus ou du train, sans s’encombrer d’une voiture. Dans ma ville, l’Office de tourisme, avec le soutien du Caf, développe ainsi toutes sortes de destinations sur le thème « la montagne sans voiture », je trouve que c’est une bonne idée.

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Je n’ose aller voir les deux randonneuses pour leur dire : « Vous voulez bien que je vous prenne en photo, pour faire comme à la page 71 de RoadTrip n° 25 ? », d’autant que je ne suis pas sûr qu’elles comprennent ma langue maternelle, et à peu près certain qu’elles ne lisent pas RoadTrip tous les deux mois. Alors je fais l’hypocrite, et m’approche en laissant tourner la GoPro (qui prend une image toutes les deux secondes), l’air de rien. Bon, clairement, elles s’en foutent, préoccupées qu’elles sont de savoir si un bus passera ici avant ce soir. Mais mon manège n’a pas échappé au chien, qui fixe d’un air désapprobateur la diode rouge qui clignote.

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Dans la descente sous la pluie et sur Andermatt, tout en recopiant avec application les trajectoires de M. devant moi, je chercherai en vain le panneau indicateur « James Bond Str. », sur lequel nos prédécesseurs de RoadTrip sont tombés « presque par hasard ». Bah, je n’avais pas besoin de ça pour me refaire le film de la poursuite entre l’Aston Martin DB 5 et la Ford Mustang de Goldfinger.

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Andermatt
A Andermatt on doit remplir les réservoirs de nos motos et l’estomac de leurs propriétaires. La minuscule station-service propose à la vente SP 95 et Gazole, épicétou. La rationalité helvétique.

DSCN3400_365Arrive un vieux monsieur en blouse grise, l’air grognon. Il doute visiblement de nos capacités intellectuelles, et nous explique, en assez bon français, où il faut mettre la carte Visa. Dont acte. Et j’admire une fois encore (non sans me poser quelques graves questions) qu’à l’étranger, et sans avoir vu la plaque de mon véhicule, on puisse s’adresser à moi en français avant que j’aie prononcé un mot.

Comme je le dissuade de faire lui-même le plein de ma moto, en prétextant je ne sais quelle catastrophe si l’essence déborde, il me laisse faire en bougonnant – il n’aura donc pas servi à grand chose. Est-ce la conscience qu’il en a, et celle d’exercer un métier voué à disparaître, qui le rendent de mauvaise humeur ? Toujours est-il que quelque chose ressemblant à un sourire apparaît sur son visage quand je le remercie de son français.

On laisse passer deux ou trois Porsche, une voiture de la Poste, et on va béquiller les motos devant la terrasse de l’un des restaurants d’en face, que l’on investit. Je l’ai déjà dit, j’aime le goût pour la typographie qui se manifeste dans le nom des hôtels et restaurants suisses, généralement peint à même le mur. Peintre en lettres, voilà un métier qui, à la différence de celui de pompiste, semble encore avoir de l’avenir, ici.

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Lost in translation
A la table d’à côté, deux jeunes Japonaises finissent de déjeuner. Elles jettent de brefs coups d’œil dans notre direction. Il faut dire que notre arrivée, avec l’enlèvement de nos sept à huit couches protectrices, ne s’est pas faite dans la discrétion, et je suppose qu’elles la commentent, dans la langue de Ryo Kawasaki. Comme mon japonais est encore balbutiant, je crois comprendre que le « あなたはちょうど到着2フランス語を見ましたか?彼らは非常に美しいですし、私は彼らが知的な空気を持っていると思います » de l’une d’entre elles signifie : « Ces deux Français sont bruyants et vulgaires », d’autant que je ne suis pas loin de lui donner raison. Erreur de débutant ! (4)

CHF-Euro_h316Avant de repartir, à la faveur d’une éclaircie bienvenue, vers l’Oberalpass, on a le temps de noter un autre exemple de rationalité helvétique. En effet, à quelques rares exceptions près, comme quand on a acheté nos vignettes autoroutières, on a vite remarqué que les commerçants ici pratiquent un change… à l’arrach’, mais pas vraiment en leur défaveur. Soit l’exacte parité entre le CHF et l’euro (pour info ce 23 septembre, 1 CHF = 0,917 €).

Bon, la différence n’est pas si grande, et peut-être que les Suisses opèrent la même « traduction » quand le change leur est défavorable ? Un doute m’étreint, là. De toutes façons, on ne vient pas en Suisse pour faire des économies, et au moins, dans le cas présent, quand on voit les prix affichés en CHF, on sait combien ça va nous coûter ! Mais quand même, on a un peu l’impression d’être pris pour des blaireaux.

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Sur la route de l’Oberalpass, la lumière parfois très contrastée, sous la pluie toujours, sera l’occasion de quelques photos-souvenirs que j’aime bien. Comme quand nous avons croisé cette Electra Glide Pacific Blue, ou un peu plus tard l’aimable petit train rouge qui officie sur la ligne Gotthard ~ Matterhorn (le Cervin, in french).

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Pause au col, où l’on a la surprise de découvrir, à côté des baraques à sandwichs-souvenirs fermées mais pas encore démontées, un phare, ici, à 2 044 m d’altitude ! Un vrai phare, et qui fonctionne. On sourit souvent (à tort) de la marine suisse et de ses marins d’eau douce. Mais à quoi peut bien lui servir ce phare-ci ?

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Changement de programme
Comme la veille, on « roule bien », c’est à dire qu’on est en mesure de faire, à nouveau, une étape bien plus longue que celle que j’avais vaguement prévue avec GoogleMaps. Au total, on « gagnera » (?) pratiquement une journée sur ces prévisions, et ce sans tirer sur la mécanique ni sur les mécaniciens.

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DCIM112GOPRODébutée sous la pluie, la descente de l’Oberalpass nous permet encore quelques visites de chantiers, les intempéries ici ne semblant pas en perturber le fonctionnement. Avec l’arrêt de la pluie et le soleil revenu (si si !), on va se faire un bon coup de moto, sur une route magnifique jusqu’à Tamins, avant de gagner encore du temps et d’échapper à quelques embouteillages grâce à l’autoroute qui, plein sud, va nous rapprocher du pied du prochain col, celui de l’Albula. Les villages se succèdent, toujours aussi jolis et propres, et les murs, dont certains ornements à fresque tirent l’oeil, sont aussi dénués de graffitis que la route de ralentisseurs.

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Placé dans la confortable position de second, j’observe que depuis une bonne trentaine de kilomètres nous sommes suivis, à distance respectueuse, par deux motos. Il ne m’a pas fallu longtemps pour repérer dans le rétroviseur une silhouette doublement gracieuse (une fille sur une Mostro), précédant celle, plus massive, du garçon voyageant avec elle sur un gros quatre cylindres japonais. Courtoisement, il lui laisse ouvrir la route. Un peu distancée dans les virages, elle revient sur nous dans les bouts droits mais, non concernée par les poussées de testostérone, pas une fois elle n’a tenté de venir nous mettre la pression. Encore moins de nous doubler.

Dans l’embouteillage avant Tamins, je me retourne pour lui faire un petit signe de la main, comme si ce long roulage ensemble avait créé une connivence entre nous. Derrière ses lunettes à la Yves Saint-Laurent, elle est très jolie, et m’adresse un sourire radieux. J’apprécie, non sans lucidité : en pareille situation, quand quelqu’un me sourit, je n’oublie pas que c’est d’abord parce qu’une caméra est fixée à mon casque ! Suite à un arrêt, on retrouvera le couple devant nous, à un feu rouge de chantier.

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DCIM112GOPROL’Albulapass
On a décidé de dormir après avoir passé le Col de l’Albula, ce qui nous mettrait demain – perfect timing – à une demi-journée du Stelvio. J’attends beaucoup de ce petit col, le moins connu, partant le moins fréquenté de ceux qu’on franchira, celui dont la route s’avèrera la plus étroite, Stelvio non compris. Celui qui ressemble le plus, en somme, à ceux qu’on a l’habitude de fréquenter dans « nos » Alpes.

Ce col est survendu par RoadTrip, et a droit à quatre grandes photos, avec de jolis lacs qu’on cherchera en vain, parce qu’éphémères : très photogéniques au printemps avec la neige encore présente, en fin de saison ils sont réduits à de grandes flaques boueuses. Je pars devant, pour constater que la route devient vite étroite en effet (étroitissime sur certains ponts), avec de jolis passages entre les rochers et les piles des viaducs de la voie ferrée, qui nous rappellent que le petit train rouge n’est jamais très loin.

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C’est à l’occasion d’un arrêt-photos que la pluie nous rattrape. A mesure qu’on s’élève, elle s’affirme et le vent se renforce. Parce que sur ces routes on s’y est confronté déjà à plusieurs reprises, et à de la sévère, ça n’est pas la pluie qui m’inquiète, relativement à l’issue de notre voyage ; pas non plus la neige, vu les températures élevées qui se seront maintenues ces trois jours (pourtant, le 23 septembre, jour où j’écris ces lignes, soit exactement une semaine après notre passage, il neige à Bormio. Autant dire que pour accéder au Stelvio, 1 632 m plus haut, il faut un chasse-neige !)

En termes d’intempéries, ce qui m’aura le plus inquiété, c’est le vent, auquel je trouve ma moto bien sensible – jusqu’à aller vérifier une fois ou deux s’il reste assez d’air dans mes pneus. Pourtant, sa petite taille et son absence de carénage offrent peu de prise aux rafales. C’est peut-être moi qui ne suis pas assez lourd ? N’empêche, j’ai beau être un garçon, du genre masculin de surcroît, il m’arrive d’avoir de bonnes intuitions.

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DSCN3407_h460L’arrivée au col (2 315 m quand même) se fait dans une ambiance sauvagement minérale, avec assez de vent pour qu’on renonce, même à l’abri, à la pause-thé que je nous avais promise. Un moment, on est tentés par l’hozpiz (refuge) du sommet, tenu par un papy à l’air rigolard. C’aurait été une belle étape, mais sauf abri dédié, il est probable qu’on aurait retrouvé les motos par terre au matin. Pas de regret cependant : l’ancien refuge n’est plus qu’un bar-restaurant.

Sous une pluie soutenue, on redescend vers l’Engadine, bien décidés à fondre, telle la misère sur le pauvre monde, sur le premier hébergement venu. C’est M. qui s’y colle, vers ce joli B & B qui est complet, mais où l’on nous recommande une adresse à Zuoz, le village suivant. Elle s’avèrera excellente. C’est un Convict per Giuventüna, sorte d’Auberge de Jeunesse (5). Et alors ? La vraie jeunesse, c’est celle du cœur, non ?

[à suivre]

 

Le Stelvio, enfin ! (1 sur 3)
Transparent_2x8pxAlbertville ~ Col des Saisies ~ Col des Montets ~ Col de la Forclaz ~ Oberwald

Le Stelvio, enfin ! (2 sur 3)
Transparent_2x8pxOberwald ~ Col de la Furka ~ Col de l’Oberalp ~ Col de l’Albula ~ Zuoz

Le Stelvio, enfin ! (3 sur 3)
Transparent_2x8pxZuoz ~ Col de l’Ofen ~ Col du Stelvio
Transparent_2x8pxBonus

Filet_Note_Billet_Gris3_h10Notes
(1) Voir Grands cols au pays d’Heidi (« Appelez-moi James »), ou comment la Furkapass et l’hôtel Belvédère sont entrés dans l’histoire du cinéma, grâce à l’agent 007.
(2) Voir, dans le même article, « La source du Rhône ».
(3) Dans le film on voit ensuite la Rolls, conduite par Oddjob, l’homme au chapeau volant (et violent), passer devant ce autre hôtel dont une photo figure ici – juste avant l’intertitre « Andermatt ». Goldfinger somnole à l’arrière. Mais curieusement, alors que dans le plan précédent la voiture passait devant l’hôtel Belvédère à la montée, elle monte aussi devant celui-ci, alors qu’elle aurait dû descendre, les deux hôtels étant chacun sur un versant différent du même col ! Bah, ce genre de manipulation de l’espace est fréquent au cinéma, qui s’en soucie ? Il s’agissait simplement, en quelques plans, de faire figurer les Alpes, et une Suisse de carte postale.
(4) En réalité, « あなたはちょうど到着2フランス語を見ましたか?彼らは非常に美しいですし、私は彼らが知的な空気を持っていると思います » signifie, en japonais courant moderne : « Tu as vu les des deux Français qui viennent d’arriver ? Ils sont très beaux et ils ont l’air super intelligents. »
(5) « Convict », du latin convictus, vie commune, désigne à l’origine un collège. Franz Schubert a effectué toute sa scolarité (et sa formation musicale) au Stadt Konvikt de Vienne. C’est là qu’il s’est fait la plupart des amis qui devaient se retrouver, plus tard, dans les fameuses schubertiades.

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4 commentaires pour Suisse, Italie. Le Stelvio, enfin ! (2015). 2 sur 3

  1. MICHEL dit :

    On dirait que vous aviez RDV avec la pluie, M. et toi…
    Ca ne fait rien, le voyage reste…
    Vivement vendredi pour la fin !!!

  2. matthgo dit :

    Je sais que la vieille route du Saint Gothard sous la pluie n’est pas facile mais elle est vraiment belle à faire surtout qu’il ne devait y avoir personne à cette époque.

    Encore une belle épopée, vivement la semaine prochaine !!!

  3. Un partie du chemin sous la pluie et chaussée glissante ça c’est de l’aventure 😉

  4. Captain Bertie dit :

    Fidèle lecteur de Rôt de Tripes je connaissais l’article en question qui m’avait donné l’envie d’y aller.
    Le tien me fait regretter de n’y être pas (encore ?) allé.

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