La Loire à moto (2014). 2 sur 4

Filet Recit_685Suite du voyage du Mont Gerbier de Jonc à Saint-Nazaire. Etapes 3 et 4
Flash Back | Hôtel vs Chambres d’Hôtes | Au fil du canal | Un café et un sourire | La Loire à vélo | Voies non revêtues | Un endroit où dormir || Je descends quoi, au juste ? | Flash Back | Escapade dans le vignoble | Des bateaux et des motos | Mon petit Léré | Culture et agriculture | Et la Loire obliqua à l’ouest | La mort en ce jardin | Première levée à 18 h 30

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Samedi 14 juin 2014. Marcigny ~ Nevers

KM 352Alors que j’entame le quatrième jour de ce voyage (il m’avait fallu une journée pour venir au Col de Mezilhac), il se confirme que je suis incapable de faire plus de 200 km par jour. Pourtant je ne fais à peu près rien d’autre que rouler, toute la journée. Journées courtes, certes, pauses multiples, assurément, et itinéraires… au fil de la Loire et du GPS. Ce qui signifie petites routes blanches, et, à compter d’aujourd’hui, routes non revêtues et chemins à tracteurs. Pas la peine de chercher plus loin les causes de ces performances modestes. Bah, la modestie, c’est une qualité que j’aime bien.

L’orage continue de m’épargner. La rencontre est prévue pour aujourd’hui, mais selon ce type rencontré au bistrot : « Hier y z-y-avaient dit aussi, et on n’a rien eu, alors… ». Tous les espoirs sont donc permis.

Photo0059_h340Flash back
Il me faut toujours un moment pour réaliser, les fins de journée, ce qui change quand je voyage loin de chez moi : ce sont les longs couchers de soleil, et la lumière qui vient avec. J’habite au pied des montagnes, ce qui ne manque pas d’avantages, mais les « vrais » couchers de soleil, je finis par ne plus savoir ce que c’est. C’est en train de revenir, avec ces « petites collines modérées » des bords de Loire (1), et les pierres dorées du vieux Marcigny.

Comme souvent, les propriétaires de la chambre d’hôtes qui m’accueillent ne font pas à manger le soir. Occasion d’aller visiter le centre de ce gros village construit autour d’une belle place centrale, où les restaurants alignent leurs terrasses sous les arbres multi-séculaires. J’y dîne dans le calme, au milieu de gens qui se ressemblent, et qui me ressemblent un peu. Quelques jeunes crétins en 2RM débridés tiennent à marquer leur territoire, toutefois. A la manière des oiseaux, mais en moins mélodieux.

 Hôtel vs Chambre d’hôtes
« La chambre d’hôtes, c’est mieux que l’hôtel, parce qu’on est chez des gens ». Qui n’a pas entendu, ou ne s’est pas entendu dire cela, en pensant personnalisation, human touch, toussa ? Accessoirement, et sous couvert d’« humanisation », la chambre d’hôtes sert aussi à stocker les meubles et bibelots superfétatoires (celle-ci est pleine comme un œuf, je me cogne de tous les côtés contre un meuble venu à ma rencontre), et aussi les livres dont les propriétaires n’ont que faire.

Moi qui pense qu’on ne perd jamais rien à apprendre, je pêche avec curiosité sur une étagère Le petit livre des lavoirs de Bourgogne du sud, par Michel Bouillot, Ed. Foyers ruraux de Saône-et-Loire, 1997. J’y trouverai d’étonnantes histoires et anecdotes, avant de sombrer dans le sommeil du juste.

Petit-déjeuner pris en commun avec les rares clients, dans la belle cave voûtée de la maison. Profusion de confitures faites à la main, de miels, de pains et viennoiseries. Discussions un peu convenues, et pas mal de banalités sur La-France-qu’elle-est-belle. Mais il sera beaucoup pardonné à mon hôtesse pour la manière dont elle aura placé dans une phrase, tandis que son visage s’éclairait : « Mais c’est qu’on l’aime, notre Loire ! ».

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DSCN1257_h340Au fil du canal
Après Bourg-le-Comte, je suis dans l’Allier (la rivière qui donne son nom au département rejoint la Loire à Nevers), un pays de bocages, de charolais, de belle campagne à étangs. L’eau est omniprésente ici, au point de donner, peut-être, des idées à ceux qui n’attendent plus rien de la vie.

Dans la première partie de ce voyage, c’est  souvent un canal que je suivrai, en lieu et place de la Loire, que j’ai surtout vue jusqu’ici… aux ponts sur lesquels je suis passé ! Pas grave, je sais que ça viendra, et ce voyage est aussi un prétexte pour visiter la France profonde. La petite route qui rejoint le canal de Roanne à Digoin se faufile entre champs de maïs, vieilles fermes et rares résidences secondaires. A Bonant, au bord du canal, alors que j’hésite sur les indications de mon GPS (ce que je mettrai du temps à comprendre, c’est, lorsque les étapes ont été fixées, le choix pertinent du type de parcours à planifier : « plus court », « plus rapide », « plus économique », « plus ceci-cela »…), quelqu’un sort de sa maison et vient vers moi.

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Le temps qu’il arrive, je n’ai plus besoin de l’aide qu’il venait me proposer, et ce sera une conversation agréable sur… les motos. La mienne bien sûr, mais aussi sur toutes les anglaises qu’a possédées ce Parisien qui a ici une maison de vacances. « Une Enfield, j’aimerais bien, lâche-t-il quand je m’en vais. A condition que ce soit une Diesel… » Pas eu le temps de lui dire qu’elle n’aurait pas la niaque de sa Norton.

DSCN1263_340Dans cet autre village où je m’arrête pour un café, face à l’église au beau portail, me sert une jolie brune, mince, racée, souriante. Son sourire n’a rien de commercial, rien non plus de ce faux rapport de « séduction » qu’affichent parfois les serveuses avec les clients – e. g. à l’instigation du patron. Elle est seulement heureuse de vivre, heureuse de faire profiter le voyageur de sa beauté et de ce sourire lumineux.

Le patron, un gros blaireau adipeux, ne cesse de lui tourner autour. On dirait qu’il a toujours quelque chose à lui demander, quelque part entre l’évidence et l’ineptie : « Il faudra penser à mettre les couverts pour midi… » (alors qu’elle a commencé à le faire), etc. Quand je repars, la serveuse sort pour me saluer sur ma moto. Parce que je suis sympathique et irradiant de charisme, certes. Mais aussi, songé-je, pour échapper une minute à la pression de Gros-Blaireau.

Km 407La Loire à vélo
Avisant un pont au-dessus du canal que je suis depuis ce matin, je quitte ma route pour aller m’y poser et pique-niquer. L’endroit est parfaitement calme et silencieux. Un petit bateau de plaisance est amarré pas loin. De temps en temps passent un ou deux cyclistes avec d’énormes sacoches, sur une de ces pistes cyclables qui font de la « La Loire à Vélo » un itinéraire à succès.

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Logo LaV_h126« La Loire à Vélo » est une partie d’un projet européen (« Eurovélo 6 ») reliant l’Atlantique à la Mer Noire, avec deux tiers des axes directement en bord de Loire. Type de voies retenues : 27 % en voie verte cyclable ; 24 % en partage de routes sans transit ; 37 % sur des routes à faible circulation (moins de 500 véhicules par jour) ; 12 % de pistes ou bandes cyclables (2). Même en retirant les voies, pistes et bandes cyclables, ça nous laisse de jolies possibilités, à ma p’tite moto et à moi, qui sommes volontiers partageurs.

Alors que j’ai à peine fini mon pamplemousse, arrive un 4 x 4 traînant une remorque avec une voiture d’auto-cross (je réalise maintenant qu’une pancarte signalait le terrain, à l’embranchement). On est samedi, jour où les fans de ce sport, qui avec l’âge supportent mal de ne plus pouvoir se glisser dans une auto-tamponneuse à la foire, viennent ici se faire des émotions. Damned ! Puis c’est un Ducato avec sa remorque qui passe tout juste sur le petit pont, puis un autre 4 x 4, puis chéplukoi… Molière, au secours !

Sous quel astre, bon Dieu, faut-il que je sois né,
Pour être de fâcheux toujours assassiné !
Il semble que partout le sort me les adresse,
Et j’en vois chaque jour quelque nouvelle espèce. (3)

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Je suis reparti, mais je n’avance pas. Les cyclistes, partout présents ici, ne doivent pas aller bien moins vite que moi, et aujourd’hui, je ne ferai que 163 km. Ca ne me perturbe pas plus que ça, et à Pierrefite-sur-Loire, je prends le temps d’un arrêt café-photos : il n’est pas si fréquent de voir une église arborer ainsi la devise de la république.

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DCIM105GOPROVoies non revêtues
En début d’après-midi, j’ouvre sur mon GPS le premier des fichiers de l’ami P., Bourbon-Lancy ~ La-Charité-sur-Loire. Un message m’indique fort civilement que « Cet itinéraire emprunte des voies non revêtues ». Indeed, la petite route se transforme vite en chemin à tracteurs sinuant entre blé et maïs. Bon, il serait excessif de dire que je suis emballé à l’idée que la graisse collante que j’ai répandue hier soir à profusion sur ma chaîne est en train, avec la poussière du chemin, de se transformer en pâte à roder. Mais l’aventure, c’est l’aventure.

Je ne vois plus ni fleuve, ni canal, mais l’un ou l’autre ne doivent pas être bien loin, car la zone est inondable. Ce détour est superbe, et quand je rejoins le goudron (des routes minuscules qui font le bonheur des cyclistes), c’est pour retrouver, dans une ambiance très Grand Meaulnes, une multitude d’étangs, et de belles et mystérieuses demeures.

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Km 466Après Saint-Martin-des-Lais, l’itinéraire tracé par P. se confond avec celui, plus ou moins « évident », que j’avais repéré : en rive gauche de la Loire jusqu’à Décize, il l’oublie ensuite pour longer le canal latéral. Mais, il est certain que seul, je ne me serais sûrement pas lancé dans l’exploration de cette belle campagne, et voilà une « visite guidée » qui commence bien.

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Un endroit où dormir
Juste avant Nevers, j’avise un gîte rural qui, situé au bord du canal, a tout pour me plaire. C’est un corps de ferme agréablement restauré, immense, avec sept à huit dépendances réparties autour d’une grande cour. Quelle bonne idée j’ai eue en venant ici, pensé-je, en ne doutant pas qu’il y ait de la place pour moi. Fermiers reconvertis dans la gestion de ce gîte, les propriétaires sont adorables tous les deux. Seul hic : le gîte est complet ! J’y crois trop pas, comme dirait Nabilla. « On reçoit une noce, c’est pourquoi », m’explique l’ex-fermière (du coup, je préfère qu’ils n’aient plus de place). On discute un peu, mais je cache mal ma déception. « Attendez, on va bien vous trouver où dormir », me dit-elle en disparaissant dans la maison, où elle passe un quart d’heure à téléphoner à des homologues. Quand elle revient, bredouille : « Il se passe quelque chose ! Tout est complet, partout ! »

Finalement, son mari appelle « un endroit où il y a toujours de la place ». Ce sera un hôtel dans la zone industrielle de Nevers, le deuxième du genre dans ce voyage. L’homme me tend son portable pour que je me fasse expliquer le trajet par l’hôtelier, et par mesure de précaution, son épouse en remettra une couche : « Vous allez voir, je vais vous l’expliquer une fois, et vous vous en souviendrez toute votre vie ! »

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Elle est allée me chercher une Badoit « bien fraîche » dans son frigo. On est là à discuter, assis à l’ombre de leur belle maison, et je n’ai pas envie de partir pour la zone industrielle. Quoique âgée, l’hôtesse est vive, et pas du tout débranchée : « Vous aimez les petites routes ? Moi aussi ! Je déteste l’autoroute. Je reviens de Nancy, j’avais demandé à ma fille de me mettre dans le TomTom (sic !) que des petites routes. C’était super ! »

Lui apprécie que je sois de Grenoble, qu’il connait « pour les noix ». Il y a acheté vingt ans plus tôt une table pour ses hôtes, avec deux évidements à chaque bout. « Pour casser les noix ? », je hasarde. Il est ravi : « En vingt ans, vous êtes seulement la troisième personne à avoir trouvé ! » Du coup il m’emmène voir deux choses dont il est « sûr que je n’en ai jamais vu » : un évier « qui date des Romains », et une serrure en bois « qui fonctionne », avec sa clé et tout. Je surjoue l’émerveillement. Des serrures en bois, j’en ai vu plein chez les Dogons, au Mali, mais je le garde pour moi : il semble tellement heureux de ce qu’il me montre.

A l’hôtel, c’est un autre film. Le gérant est cool, ce qui ne l’empêche pas, et le contraste est rude avec d’où je viens, de me demander de payer la chambre d’avance, au motif qu’il doit partir tôt demain pour aller voir ses enfants (demain c’est la Fête des Pères). Alors que je ne lui ai rien demandé : « Je ne les vois pas beaucoup, parce que j’ai pas été sage », me confie-t-il, avec un sourire peut-être égrillard. Je n’aime pas la façon dont il dit ça.

 

Dimanche 15 juin 2014. Nevers ~ Sully-sur-Loire

Km 515Je descends quoi, au juste ?
C’est dans le méandre où s’est logée la ville de Nevers que l’Allier rejoint la Loire, au « Bec d’Allier ». Il n’est qu’un parmi sa centaine d’affluents (« La Loire peut se vanter d’avoir le plus beau réseau d’affluents de tous les fleuves, de France, d’Europe, et peut-être du monde »), mais pas n’importe lequel : avec 400 km, l’Allier est le plus long. 400 km, c’est plus que la Loire n’a parcouru jusqu’ici, d’où le débat qui a divisé les géographes. Pour certains d’entre eux, « la Loire a usurpé son cours en empruntant les eaux de l’Allier, réduisant dans le même temps celui-ci au statut de simple rivière ». Du coup, la vraie source de la Loire se trouverait en Lozère, près de Chasseradès, d’où part l’Allier actuel.

Les défenseurs de cette géographie revisitée, pour qui la vraie Loire commence avec l’Allier, ont même un argument imparable : la preuve par le saumon ! « Dans leur remontée reproductrice, les saumons n’hésitent pas un instant : ils bifurquent toujours à droite au Bec d’Allier, à 400 km des sources ». De l’Allier, donc. Mais dans ce cas, mon étape de ce soir, ce serait à Sully-sur-Allier, et je passerai tout à l’heure à La-Charité-sur-Allier ? Pfff, comme si tout ça n’était déjà pas assez compliqué, avec les trente sources du Gerbier de Jonc !

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DSCN1299_220A Nevers je traverse la Loire, avec un petit pincement au coeur, parce qu’il n’y a pas que le gérant de l’hôtel qui sait que c’est la Fête des Pères aujourd’hui. Par ailleurs, à en juger par tous ces jeunes gens en uniforme, on fête ici, semble-t-il, autre chose. Mais je ne saurai pas quoi.

Pour l’heure, sous un ciel lumineux et ignorant de toutes les questions évoquées plus haut (je n’ai découvert le livre de Danièle Sallenave qu’à mon retour, je l’ai dit), je cherche le « Point de vue » sur le Bec d’Allier, où doit me conduire une petite route qui serpente dans les champs et finit par se (me) perdre en forêt. Je crois que ce point de vue n’est accessible qu’à pied.

DSCN1304_h200En redescendant pour rejoindre l’itinéraire tracé par P., si je n’ai pas vu le Bec d’Allier, ma déception est vite oubliée : cette journée sera la première où je vais enfin profiter de la Loire, la vraie. Et quel plaisir de rouler au plus près de ses rives si « séduisantes », comme dit d’elles Balzac. Au plus près de sa lumière, de ses oiseaux, de ses bancs de sable, de ses bateaux à fond plat. « Les bateaux de Loire, il y en a de toutes sortes, selon les matières et les marchandises transportées. Ils ont un seul point commun, impératif : ils doivent tous avoir un fond plat et un faible tirant d’eau, à cause des sables et des étiages bas. »

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Flash Back
« Les Châteaux, y sont encore loin ! » C’est la patronne du restaurant d’hier soir qui m’en a averti. Pour tester ma motivation, sans doute. Et en effet, depuis celui de La Roche, vendredi, je n’en ai vu aucun.

Globalement, j’évalue mon avancée vers Saint-Nazaire en nombre de cartes Michelin (!), une unité comme une autre. Mes cartes sont les régionales « indéchirables » au 200 000ème. Immenses et recto-verso, elles permettent d’afficher toute une région. Ainsi, à Nevers, je suis encore à deux cartes de Saint-Nazaire : il me reste « Centre » et « Pays de la Loire ». Car si je roule au GPS toute la journée, je garde toujours un œil sur la carte glissée sur ma sacoche-réservoir, et étudiée chaque soir : pour savoir où je suis (où j’en suis), et pour pouvoir me détourner à l’occasion. Du reste, les vrais aficionados du GPS savent bien que l’une et l’autre sont complémentaires.

Tckt La Boucherie_h260Aparrssa, dans cette « Boucherie » où j’arrive dès 7 h du soir, pressé que je suis d’aller faire dormir mes yeux, la patronne parviendra sans problème à me concocter un excellent repas. Mais mon initial « Vous allez croire que c’est de la provocation, mais je suis végétarien ! » ne l’a pas fait rire.

Le gérant de l’hôtel, si pressé de partir ce matin qu’il m’a fait payer ma chambre la veille, est là au petit déjeuner en libre-service, il traînasse et fait le beau avec les clients. Des retraités, pour l’essentiel. Ca parle de la circulation, de l’autoroute « qui est trop chère ». Le gérant, sans doute parce qu’il s’adresse à des personnes âgées : « Les [clients] pénibles, c’est les jeunes. Les 20-25 ans, qui se prennent pour des starlettes » (je comprends que les clients pénibles sont des clientes). Alors, un retraité, pour faire son intéressant, d’une voix forte : « De toutes façons, au paradis, il n’y a que des hommes… (il marque un temps, prépare son effet). Parce que s’il y avait des femmes, ça serait l’enfer ! ». Il s’esclaffe, un peu seul. Visiblement, le gérant n’a pas compris, ou pas écouté. Il préfère continuer sur les starlettes.

Escapade dans le vignoble
Après La-Charité-sur-Loire j’ouvre le second fichier de P., La-Charité-sur-Loire ~ Sancerre, qui prévoit une « escapade dans le vignoble ». Il est vrai que le paysage, mais aussi la toponymie, commencent à parler même au piètre connaisseur en vins que je suis : Pouilly, Sancerre bien sûr, et je note avec amusement (pour quelqu’un) qu’à 10 km à l’ouest de Sancerre, se trouve la commune de… Beaujeu. Non ça n’est pas une blague !

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Passé Pouilly-sur-Loire et sa brocante (que je traverse, au pas, pour ne pas quitter mon itinéraire, et dont je suis l’éphémère attraction), c’est au coeur du vignoble, dans le domaine de Ladoucette, que je découvre le château du Nozet, mon premier « vrai » château.

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Km 561Il n’a certes pas l’exubérance de Chambord ni l’audace de Chenonceau, mais quand même « l’élégance de la silhouette et l’harmonie de la pierre blanche et de l’ardoise bleue », qui sont génériques. Et il me plait bien, à moi, ce château, joliment planqué dans la verdure. Au point que je reste un long moment, assis sur la moto et moteur coupé, à l’admirer.

« Mais il est même pas au bord de la Loire, ton château !
— Bah oui, je le vois bien. Mais Chenonceau non plus. »

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DCIM105GOPROLa belle « escapade » de P. va me conduire vraiment au coeur du vignoble. Jusqu’à me demander si j’ai ma place ici, et si le châtelain ne va pas envoyer ses gens chasser à coups de fourche le manant que je suis. Mais depuis un moment je n’ai vu personne (la dernière que j’ai vue, alors que je prenais des photos dans les vignes, c’est cet automobiliste qui s’est arrêté pour savoir si ma moto était une authentique ou une replica).

Je me demanderai aussi, sur ce chemin où sont stockés des tas de fûts contenant, je suppose, toutes sortes de pesticides et autres joyeusetés chimiques, si je ne devrais pas m’abstenir de respirer.

Pèlerinage
A Sancerre je zappe le circuit touristique tracé par P. autour de la ville, et j’ouvre sur mon GPS le fichier suivant, pour remonter vers Briare par de petites routes longeant le canal latéral. Je ferai un bref pèlerinage familial, dans ce village qui semble assoupi au bord du canal (la seule animation visible y est le fait de touristes étrangers qui « font la Loire » à vélo). Assoupi depuis longtemps, le village, on dirait, et pas seulement parce que c’est dimanche.

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Km 621Des bateaux et des motos
Pique-nique à point d’heure à Cosne-sur-Loire, sur le parking ombragé que l’on aperçoit sur la photo. J’y tombe amoureux de la Princesse de Loire, et du coup je me désintéresse de ma moto, restée derrière moi avec tout mon barda.

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DSCN1339_h390La Princesse de Loire est une superbe « toue cabanée », dont j’admire l’élégance. « La toue est une barque de service de 6 à 8 m de long qui sert à guider un convoi [de chalands ou gabares, sur la Loire ces termes sont à peu près synonymes depuis le XIXème siècle]. Elle peut être “cabanée”, c’est à dire qu’elle peut porter un abri pour transporter des voyageurs ou abriter les pêcheurs ».

En me retournant, j’aperçois un type près de ma moto, qui range précipitamment son appareil de photo, comme s’il était pris en faute. Il se ravise, et vient vers moi : « Excusez-moi, je viens de faire des photos de votre moto, elle est trop belle », etc. Toutes mes affaires sont étalées dessus, pour la photo, c’est pas top, mais ça n’a pas l’air de le gêner. Il a un compte sur Flickr, où il m’assure qu’il fera une série avec ma moto (« Je lui ai déjà donné un nom ! »). Pour lever mes éventuelles résistances : « Ne vous en faites pas, je flouterai le numéro ».

Il est très sympathique, roule en Guzzi, et on parle moto. Notamment de la 1200 GS, qu’il vient d’essayer. Il n’en revient pas que j’aie changé pour une Bullet. Mais avec ma GS, aurais-je fait ce genre de rencontre ?

Mon petit Léré
Encore une pause à la « halte nautique » de Léré, sur le canal latéral. Ici les bateaux aussi font la pause, le plein d’eau et de carburant, et se livrent à diverses opérations de maintenance.

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Se plait-on tant que ça, sur un bateau de plaisance ? Sur celui-ci, près de moi, une mamie fait sécher du linge, comme elle le ferait à la maison. Lui, en tenue de marinier (casquette d’amiral, polaire, pantacourt, grosses baskets), parade sur le pont, tout en ayant l’air de s’ennuyer. Quand je repars, il a entrepris un grand nettoyage de la coque avec une éponge et une cuvette.

N.-B. : ne pas confondre ce Léré-là avec le petit Liré cher à Du Bellay (j’y passerai dans deux jours). Je n’ai encore pas cité cet hymne des amoureux de la Loire, ce qui est un pur scandaaale :

(…) Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine,
Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine. (4)

Culture et agriculture
Encore un bout de canal latéral avant d’arriver à Châtillon-sur-Loire, puis à Briare. Cultures partout, parfois intensives : l’agriculture des Pays de la Loire est d’abord tournée vers l’élevage des bovins, des porcs et des volailles. Mais le maïs, plus rentable que les prairies d’élevage, aime ces zones humides ; l’horticulture, la viticulture et l’arboriculture aussi. En fait ces bords de Loire, régulièrement enrichis par le limon déposé par des inondations aujourd’hui contrôlées, sont un véritable jardin, pour la région et au-delà.

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Depuis Léré le temps s’est couvert. La température est fraîche mais reste agréable, alors qu’un vent violent s’est levé. Je ne sais combien de temps la météo va continuer de m’épargner. C’est le cinquième jour de mon voyage. La fatigue s’accumule, et l’accoutumance n’est pas encore là – celle qui fait que les jours et les kilomètres s’enchaînent sans effort. Ne pas oublier de me rappeler que pour ne pas être épuisé à 4 h de l’après-midi, il faut un peu manger, à midi.

Et la Loire obliqua à l’ouest
Quand on regarde une carte de France, on « sent » que la Loire semble vouloir se jeter dans la Seine, « par Montargis, en suivant une pente douce, sans difficulté majeure », avant « d’être captée [pour se diriger vers l’Atlantique] dans le grand bassin d’une ancienne mer disparue ».

On aura remarqué que la Loire n’est pas un affluent de la Seine, et qu’en effet elle oblique à l’ouest, après Briare. « La Loire désormais va séparer (et ses ponts réunir) non plus l’ouest et l’est, mais le sud et le nord de la France ». Elle devient, du coup, frontière climatique, et même l’une des stars des bulletins météo : ah, les heureux habitants « du sud de la Loire », qui sont du bon côté de cette frontière !

La proximité avec le bassin de la Seine n’avait pas échappé à Sully, qui en 1604 soumet à Henri IV le projet de relier « Loyre et Seyne », en empruntant au passage les eaux et le cours du Loing. Ce fut un chantier gigantesque (38 écluses pour 54 kilomètres), qui employa jusqu’à 12 000 ouvriers, et ne fut achevé qu’en 1642, soit un an après la mort de Sully. Permettant à la navigation de relier la Loire et la Seine comme l’avait imaginé son concepteur, le canal de Briare est le prototype de tous les canaux modernes.

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DSCN1358_232Restait à assurer la continuité de la navigation entre le canal latéral (en rive gauche) et le canal de Briare, en lui permettant de passer au-dessus de la Loire. Il fallut attendre pour cela la fin du XIXème siècle et « les nouvelles techniques de l’architecture métallique. Seul l’acier “doux” est en effet suffisamment résistant pour laisser un large passage à la Loire en cas de crue. Le pont-canal de Briare, avec ses 662 m, fut pendant longtemps le plus long pont-canal du monde » (il fut détrôné en 2003 par le pont-canal de Magdebourg, sur l’Elbe).

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A côté du parking pour motos et (surtout) vélos, il y a un camion-café-boissons. J’y bois, dans un gobelet en plastique, un truc chaud et infâme qui m’est vendu, à un prix indécent, comme du « café ». Arrive le type qui conduisait sur le canal l’ancienne péniche transformée en magasin-musée (photo). Avec sa tenue de capitaine d’opérette, il fait maintenant traverser le pont-canal aux touristes sur un bateau pour touristes. Me sentant d’humeur taquine, je lui dis qu’à mon avis, la péniche d’à-côté, elle devait pas passer, sur le pont-canal. Dire qu’il entre dans le jeu serait très exagéré. Dans son regard destiné à me faire rentrer sous terre, le mépris le dispute à la pitié : « J’y passais trois fois par semaine, il y avait 6 cm de chaque côté. A certaines écluses, c’était pire ».

Km 660« Dans toutes les villes des bords de Loire, le fleuve est toujours mis en valeur par un pont. Rien ne fait mieux sentir ses dimensions, sa majesté – et notre petitesse – que cette série d’arcades puissantes, conçues pour résister à ses crues, à ses glaces ». C’est à propos de celui de Gien que notre académicienne écrit cela, et c’est bien vu. Le « Pont d’Anne de Beaujeu », reconstruit en 1734, a gardé sa forme médiévale en dos d’âne, avec ses douze arches, et vaut bien une photo. Pour la perspective qu’il ouvre sur le plus beau côté des quais, avec le château de briques et ardoise « de la première Renaissance, quand la France n’est pas encore totalement imprégnée de l’influence italienne ».

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La mort en ce jardin
A Léré j’ai laissé apparaître les tours de refroidissement d’une centrale nucléaire sur une photo. Ca n’est pas par hasard. « L’histoire du nucléaire civil a commencé sur les bords de Loire dans les années 70, sous l’effet de la crise pétrolière et des problèmes du Moyen-Orient. » C’est le Val de Loire, ce jardin fertile, qui héberge le plus grand parc nucléaire de France, et « l’un des lieux possibles de la fin du monde se trouve dans le Val de Loire, où s’est inventée une civilisation ». Bon, c’est pas obligé non plus, remarquez.

La question de « l’incompatibilité » entre un paysage culturel parmi les plus visités au monde et ces centrales est patente, comme celle de leurs dangers potentiels et de leurs conséquences sur l’environnement – sur les eaux de la Loire en premier lieu. Rien qu’à Saint-Laurent-des-Eaux, en 1969, « la France a frôlé le pire » : 50 kg de dioxyde d’uranium étaient entrés en fusion dans le coeur du réacteur. Bis repetita en 1983, et par la suite, des prélèvements dans la Loire ont montré la présence de plutonium jusque dans l’estuaire (5).

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Présentement, ce sont les tours aux « dimensions fabuleuses » (Journal de Gien du 19 octobre 1972) de la centrale de Dampierre qui me font de l’ombre. On a reproché à leurs concepteurs d’avoir minimisé le risque sismique et celui des inondations. Par chance, au moment de mon passage, rien à signaler sur l’échelle de Richter, et le temps est resté beau.

Je ne vais pas m’étendre ici sur ces questions, mais en relisant les articles cités par Danièle Sallenave, je me dis qu’EDF a si souvent pratiqué la langue de coton, tout en n’hésitant pas à manipuler les chiffres de référence, qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que, pour ce qui est de la sécurité nucléaire, on lui fasse autant confiance qu’à son dentiste.

Première levée à 18 h 30
Suite à une déviation à Ouzouer-sur-Loire, je me perds dans les coteaux et entre quelques rares résidences secondaires. Avisant une résidente qui taille ses hortensias, je lui fais part de ma détresse. « Eh bien, c’est facile, vous tournez comme ci et comme ça, vous traversez le petit bois, et vous arrivez sur ce qu’on appelle ici une levée. Vous êtes au bord de la Loire. » Chic, je vais enfin voir ma première levée. C’était l’idée de ce voyage que de les emprunter, pour suivre le fleuve au plus près.

Les levées (le terme est récurrent chez Balzac) (6) sont des digues en pierres maçonnées destinées à contenir les crues importantes. « La première évocation des “levées” de la Loire remonte à une date antérieure au règne de Louis le Pieux, quatrième fils de Charlemagne ». Louis le Pieux vécut entre 778 et 840, ce qui ne nous rajeunit pas. « Elle vont faire au cours de l’histoire l’objet de programmes de plus en plus ambitieux, jusqu’à Colbert qui voulait les rendre insubmersibles ».

C’était compter sans la violence et le caractère longtemps fougueux et indomptable de la Loire. Elle m’apparait aujourd’hui bien paresseuse, mais son histoire est faite « de violence et de désolation » (Grégoire de Tours, 539-594). Censée régulariser le cours du fleuve, « l’intensification de la construction des levées à partir du XIIème siècle ne fait qu’aggraver le mal, car elle ne laisse aux très hautes eaux qu’un étroit chenal calibré pour les besoins de la navigation. D’où le résultat : levées crevées, vals noyés, cultures saccagées, hommes et bétail emportés, maisons écroulées, ponts rompus, communication coupées ». On voit par là qu’il n’y a pas qu’aujourd’hui que les aménageurs, à vouloir trop en faire, finissent par oublier qu’on ne domine la nature qu’en la respectant (7).

Orleans_Breche_levee_3juin1856_h240En octobre 1846, une « crue foudroyante provoque une inondation qui ouvre cent brèches dans les levées entre Briare et Langeais » : la Loire est montée en quelques heures de plus de quatre mètres ! (8) On pense à nos épisodes cévenols, lesquels ont d’ailleurs un impact sur le débit du fleuve jusqu’au Puy.

Finalement, la Loire ne sera pacifiée qu’avec la construction de barrages comme celui de Villerest, dont on a déjà parlé, celui de Grangent, en aval d’Aurec-sur-Loire, et celui de Naussac (près de Langogne, en Lozère). Ce dernier est sur l’Allier, mais sa fonction est de réguler le débit de la Loire au niveau de Gien. Ajoutons-y le rôle « pacificateur » des bassins de refroidissement pour les centrales nucléaires (« C’est au fond surtout à cela que sert aujourd’hui la Loire », note perfidement Danièle Sallenave). Quant à la navigation, si l’on a pensé un temps, à tort donc, que les levées allaient la faciliter, il a bien fallu se rabattre sur la solution des canaux : canal de la Saône à la Loire, canal de Roanne à Digoin, canal latéral, canal de Briare…

Par ailleurs, et c’est pour cela que les levées m’intéressaient, « il ne s’agit pas seulement de protéger les cultures et les habitants contre les crues du fleuve, mais d’assurer les communications, même rudimentaires ». « Dès la conquête romaine, une route surélevée est pratiquée le long de la Loire (…), et à la fin du XVème siècle, la levée va de Décize à Angers ». Comme monsieur Jourdain faisait de la prose, j’ai donc déjà dû rouler sur une levée, sans le savoir.

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Dans ses commentaires au fichier ouvert à Briare (le cinquième et avant-dernier), P. avait écrit : « La ville de Sully-sur-Loire, à la frontière de la Sologne, mérite de s’y arrêter ». Depuis la levée où j’ai pris la photo, de l’autre côté du fleuve, le château de Maximilien de Béthune, plus connu sous le nom de Sully, me fait les yeux doux. Ce soir, je suivrai le conseil de P., et je n’irai pas plus loin.

[à suivre]

 

La Loire à moto
1 sur 4. Etapes 1 et 2
Transparent_2x14px1. Mont Gerbier de Jonc ~ Monistrol-sur-Loire
Transparent_2x14px2. Monistrol-sur-Loire ~ Marcigny

2 sur 4. Etapes 3 et 4
Transparent_2x14px3. Marcigny ~ Nevers
Transparent_2x14px4. Nevers ~ Sully-sur-Loire

3 sur 4. Etape 5
Transparent_2x14px5. Sully-sur-Loire ~ Villandry

4 sur 4. Etapes 6 et 7
Transparent_2x14px6. Villandry ~ Le Chemin Nantais
Transparent_2x14px7. Le Chemin Nantais ~ Saint-Nazaire

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(1) Danièle Sallenave, Dictionnaire amoureux de la Loire, Plon, 2014. Danièle Sallenave reprend ici une expression qu’elle n’apprécie guère. Rappel : toutes les citations en italiques sont de cet auteur.
(2) Logo et précisions empruntés à Wikipedia. De nombreux guides existent, qui facilitent la tâche du touriste à vélo, et que l’on peut se procurer ici. Merci à Chris 31, du forum Royal Enfield, pour les renseignements qu’il m’a fournis.
(3) Molière, Les Fâcheux, 1661. J’ai déjà cité ce quatrain , mais ce ne sont pas les occasions qui manquent.
(4) Joachim Du Bellay, « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage », Les Regrets, 1558.
(5) Ces précisions rassurantes sont fournies par Danièle Sallenave.
(6) « Ils se promenèrent sur la levée, au bord des eaux, aux dernières lueurs du soir, presque silencieusement, disant de vagues paroles, douces comme le murmure de la Loire, mais qui remuaient l’âme », etc. Honoré de Balzac, La femme de trente ans, 1842.
(7) Cette idée empruntée à Jean Doulcier a été développée ici (« Un travail de Romains »).
(8) Au XIXème siècle, les grandes crues sont décennales : 1846, 1856, 1866… L’illustration concerne une brèche dans la levée de la Loire près d’Orléans, le 3 juin 1856 (origine Wikipedia).

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4 commentaires pour La Loire à moto (2014). 2 sur 4

  1. Matmata dit :

    Salut Jean-Louis

    Avant que tu ne fasses ce récit qui reste d’ailleurs à finir de découvrir, ça faisait déjà un moment que j’envisageais de faire une partie de cette balade dans le sens inverse à la tienne … (En gros depuis le « Circuit touristique de Sancerre » que P. t’avait suggéré jusqu’au pied de(s) la source(s) au mont Gerbier de Jonc).

    Eh bien voilà, c’est fait !… je viens d’en terminer le tracé… un millier de kilomètres environ, 7 jours de moto par la descente de la Loire au plus près de son cours et une remontée par le cœur de L’Auvergne en général, du Puy de Dôme en particulier.

    Maintenant il ne me reste plus qu’à attendre que les belles journées ensoleillées de septembre soient au RDV, que les touristes aient regagné leurs pénates, que l’heure de mon départ en retraite soit enfin là et surtout que notre copain Couscous soit en pleine forme… ce qui ne saurait tarder parce que le bougre se bat fort bien.

    C’est vrai que cette petite escapade serait sympa à faire en duo avec lui mais peut-être aussi en organisant une rencontre avec une dizaine de copains tout au plus… on va y réfléchir !

    Voilà, ma Royal « vraie fonte indienne » a encore de beaux jours devant elle !… plus de 110 000 bornes à aujourd’hui et j’espère bien qu’elle recroisera un jour la route de la tienne comme lors de notre sortie au mont Aigoual en avril 2010…

  2. Couscous Bullet dit :

    Je lis et me ravis. Salut Jihel. Salut Matmata.

  3. Nirlo dit :

    Bonsoir Jihel, je redécouvre ton blog, toujours aussi plaisant, avec quelques temps de retard par rapport à sa parution.
    Juste pour te signaler que si tu veux photographier une autre église « laïque » arborant la devise de la République, il te suffit de descendre à la station « Charenton-Ecoles » sur la ligne 8 du métropolitain parisien.
    A peine sorti de la bouche du métro tu verras l’église flanquée des trois mots « liberté, égalité, fraternité » avec la mention supplémentaire « propriété communale », ce qui indique que sa construction est antérieure à 1905.

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