Ma vie dans 30 kg

Filet Billet_685_bleu3_OKLors d’un voyage un peu long effectué cette année, je suis arrivé, non sans mal, à faire tenir ma vie dans 30 kg. C’est beaucoup pour une petite moto, et c’est beaucoup tout court, je sais. Dans l’excellent Immortelle randonnée, Jean-Christophe Rufin explique, à propos de celui du sac à dos qui fut le sien jusqu’à Compostelle, que « le poids, c’est de la peur », et comment les adeptes de la MUL (la Marche Ultra Légère) invitent à réfléchir sur « la charge, et au-delà sur le besoin, sur l’objet, sur l’angoisse qui s’attache à la possession ».

Je peux comprendre cela, moi qui en moto prends toujours ma combine de pluie (même quand un anticyclone bien joufflu s’est installé pour quinze jours sur les Açores), deux polaires de trop, des outils qui ne servent jamais, et qui ne manque en aucun cas d’emmener une ceinture en plus de mes bretelles. Mais j’en suis là aujourd’hui, et j’ai le sentiment de ne pouvoir faire moins. En revanche je ne vois pas que je pourrais avoir besoin de plus. Mes 30 kg se décomposent ainsi :

A l’arrière, sur le porte-paquets équipé d’un « élargisseur » designed by myself :
— un sac étanche Ortlieb : contient le matériel de camping, inclus un maillet tout neuf dont je me demande comment j’ai pu me passer jusqu’ici (10 kg) ;
— un sac de tente Touratech détourné de son usage : j’y mets mes fringues (8 kg) ;
— un sac en nylon, avec les vêtements de pluie et divers (doublure de la veste…), à avoir sous la main (2 kg) ;
— une gourde d’un litre, en alu. Non visible et non comptabilisée dans l’ensemble (il faudrait que je change mon titre !)

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Dans la sacoche-réservoir : tout ce qui est lourd (trousse de toilette, outils, bloque-disque, livres, cartes, huile moteur, matériel photo et vidéo), plus une trousse à pharmacie d’hypocondriaque (8 kg).

Dans le sac à dos (non photographié) : tout ce qui aurait dû aller dans les autres sacs, et dont je m’aperçois, après qu’ils sont fermés et sanglés, que je l’ai oublié : 2 kg e. g.

Avec tout ça je peux aller un peu loin. Bon, à cause de l’énorme porte-à-faux sur l’arrière, ça guidonne grave entre 55 et 60 km/h. Mais ça n’est qu’un mauvais moment à passer : je roule à 80. 🙂

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6 commentaires pour Ma vie dans 30 kg

  1. jmj dit :

    Pourquoi n’as tu pas opté pour des sacoches de part et d’autre du porte bagages qui auraient abaissé le centre de gravité? Bonne journée

    • jihel48 dit :

      Bonne question. J’ai toujours trouvé que les sacoches et autres valises (pour ne rien dire des top-cases) cassaient la ligne de la moto, le plus souvent pour une utilisation limitée. Dans 98 % des cas (voyages de quelques jours avec hébergement à l’hôtel, en chambre d’hôtes ou… chez des amis !), un sac polochon sur le porte-bagages me suffit.
      Mais je dois reconnaitre qu’une fois encore, la Bullet fait exception, et que les sacoches lui vont bien au teint. La preuve : j’ai failli m’en équiper in extremis pour ce voyage, ainsi que d’un… GPS ! Mais il était déjà trop tard, et je me suis passé des deux.
      Cordialement.

  2. franck dit :

    bonjour !!! pas evident de ranger tout le bazar sur une moto nous on a opté pour le top case sacohes cavalieres et sacoche reservoir !!! et a deux bien chargé vitesse de croisiere egalement autour de 80/90 !!!! zou direction le pont de montvert un pti cafe !!! le mont aigouail puis retour par la vallee du bonheur !!! ces paysages que du bonheur !! dis moi moto cest quand quon part ? continue a nous faire rever avec tes balades !!!! bonne route a toi cordialement

  3. Salut. Je passe par ici régulièrement. J’ai ri en lisant ce post. En tout cas je me suis reconnue dans le dilemme « qu’est-ce que j’embarque sur ma bécane ? »
    On a fait nous aussi un trip à moto cet été (Toronto Ontario – Alma au Nouveau-Brunswick) et le problème des bagages s’est posé également (2 semaines sur la route dont une sur place au NB).
    On aurait voulu camper en route mais on a dû faire un choix : c’était soit le matos de photo, soit le matos de camping. On a fini par garder le matos photo et s’arrêter en route dans des Motels.
    Plus je roule, plus j’essaie de diminuer le nombre de choses que je prends avec moi. Et étonnamment, je me sens beaucoup plus libre. Je réalise que vraiment, je m’en sors avec un minimum (quand je pense qu’il y a quelques années, pour partir un week-end il me fallait au minimum 4 valises !)
    En tout cas, je voulais juste mettre un petit comm’ car ton blog est vraiment cool et je prends grand plaisir à le lire.
    Bon week-end (ici à Toronto, il fait une belle journée pour rouler !)
    Enjoy the ride !

  4. Etienne dit :

    J’ai réussi à calmer mes angoisses Freudiennes en m’équipant de sacoches et d’une petite remorque, à défaut de soigner le mal j’agis sur le symptôme…

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