Catalogne, aller et retour (2012). 1 sur 2

Filet Recit_685Grenoble, dimanche 28 octobre 2012. Je regarde la neige qui tombe à l’horizontale, et néanmoins continue de s’accumuler dans la rue. Je ne sais pas encore que, sous son poids, des branches ont déjà commencé à casser un peu partout dans la ville (les arbres ayant encore toutes leurs feuilles), et qu’un mois plus tard les Services municipaux n’auront toujours pas fini de les enlever.

Je me souviens de ce matin récent où, sur le balcon et chaudement habillé, je me suis dit qu’il me serait absolument impossible de rouler en moto par un froid pareil. Il devait faire 2 ou 3°. Depuis je m’interroge sur l’opportunité de cette expédition en Catalogne, pour l’Automnale organisée par l’un des membres de la Royal Association. Peut-être que, n’était l’engagement pris avec Captain Bertie et Arthie (alias « B. » et « A. », désormais), je me serais décommandé. Aujourd’hui l’hiver montre en effet le bout de son nez, voire son nez tout entier, et si la neige avait bien été annoncée pour ce week-end, on n’en attendait pas, fin octobre, 20 à 30 cm en ville, 40 sur le Vercors ou au Col de Porte, avec en prime des dizaines de touristes bloqués à Laffrey et accueillis dans des gymnases ! Du jamais vu depuis le célèbre hiver 56, dont l’écolier que j’étais (à la campagne) se souvient encore. J’y vois pas beau ce dimanche soir, et souhaite ardemment… la pluie pour les jours suivants : rien de mieux que la pluie pour faire partir la neige, en ville comme sur les pistes de ski. Bouffre, lundi et mardi il fera un froid de chien, ancrant la neige et la glace fermement dans le sol.

A mesure qu’on se rapproche du jour « J », je consulte augures et météo – ce que j’avais soigneusement évité jusqu’à ce week-end : quand on part, on part ! De fait, hormis le froid, la météo change tout le temps, et, en Languedoc, le pire devient un peu moins sûr.

Ce mardi vers 20 h, un bruit familier me jette sur le balcon : avec une heure d’avance, B. et A., gilets fluo au vent, pénètrent dans la cour. Dans le froid glacial mais couvert jusqu’aux oreilles (pas le moment d’attraper l’influenza), je descends leur ouvrir le garage. Petit repas végétarien. Mes amis ne disent rien, donc consentent. Rapide rangement pour eux et fin de préparatifs pour moi (pour une fois, tout est… presque prêt !), et dodo.

NB : le récit qui suit est seulement consacré au voyage effectué pour rejoindre l’Automnale Royal Enfield en Catalogne (1ère partie), et au voyage de retour (2ème partie). Il ne dit rien de ce qui s’est passé sur place, fort agréablement du reste, et qu’on a essayé de restituer dans les vidéos qui sont ici.

*

Voyage aller, jour 1. Mercredi 31 octobre 2012 (332 km)

Google_iti3P’tit déj’ rapide. Charger les motos sera bien plus long – entre autres parce que je vais utiliser pour la première fois les sangles Rockstraps sur la Bullet, et donc devoir caler les réglages « de base ». Une furieusement bonne idée. Généreusement, B., qui bénéficie de la protection d’un nez-de-cochon aussi laid qu’efficace, se dépouille de ses manchons et me les installe en vingt secondes. Parce que les mains sont un peu entravées pour atteindre les commandes, je ne suis qu’à moitié enthousiaste, et pas sûr de pouvoir planter, dans l’urgence, un freinage de trappeur. Pourtant, ce sera un décisif élément de confort pour ce voyage aller, et la gêne est minimale. En revanche, B. qui du coup n’avait pas prévu de gants d’hiver, a sans doute eu froid aux mains pendant la moitié du chemin.

De la neige à la pluie
On avait souhaité partir avant 8 h 30. Perdu, ça n’est qu’à 8 h 35 que les motos s’ébranlent, et, en évitant les parties enneigées/verglacées dans le quartier jusqu’au Pont de Catane, s’extraient de Grenoble par l’autoroute. Spectaculairement, la neige omniprésente ici disparaît très vite, et quasi complètement après le péage de Veurey : les chutes du week-end auront été aussi inhabituelles que localisées. P’tite vérification des paquetages en arrivant sur la 532, et on roule sans arrêt jusqu’à Saint-Nazaire-en-Royans.

Ambiance sympathique au café à Saint-Nazaire. Notre accoutrement, le fait qu’on roule par ce temps (il faisait 3° à l’abri de mon balcon ce matin, soit un bon 0° en vrai) et sans doute notre équipage, doivent avoir le don de la susciter. La sympathie. Par exemple celle de ces deux femmes à la mine rieuse qui s’installent près de nous, ça réchauffe. Mais côté froid tout va bien, en particulier grâce aux manchons, mais aussi parce que je sais maintenant à peu près m’équiper (il ne m’aura fallu que quarante ans), un exemplaire du Monde plié en deux faisant impérativement partie de l’équipement, comme avant. Seul bémol et malgré la cagoule, froid à la tête, un filet d’air glacé filtrant par chacun des aérateurs du casque. La névralgie est en embuscade, je ne tiendrai jamais comme ça jusqu’à Perpignan (ces aérateurs sont au-dessous de tout : en été, ouverts ou fermés, on ne sent pas leur effet ; en hiver, en revanche, impossible de les neutraliser ! Le problème sera réglé grâce à B., à nouveau, et à son adhésif magique).

DSCN9226b

On fait tirer par la route touristique de la Drôme des collines, et de l’hiver on régresse en automne. Alentour l’ambiance est un peu triste mais pas désagréable. On roule pas vite, la route est gras-mouillée (il a beaucoup plu ces derniers jours), et les panneaux « Verglas fréquent »… fréquents ! Puis on fait le plein à Chabeuil, à la station Total du rond-point de la fusée (la ville accueille depuis 2003 un festival de tintinophiles. Photo X.), c’est maintenant pour nous presque un passage obligé, et on file par la directissime vers l’autoroute et la RN 7.

A plusieurs mois de distance, il me semble me souvenir de la silhouette de quelques gagneuses sur le bord de ce bout de RN 7, dans leur tenue professionnellement adéquate (« Moins il y a de tissu, plus il y a de chiffre d’affaires », dit à peu près un patron de boîte de nuit à Michelle Pfeiffer, dans Suzie et les Baker Boys. Mais elle travaillait au chaud, elle !). Brrr, j’ai froid pour elles. Il n’est pas très tard, vers les 10 h je pense, alors on se paye un petit arrêt au barrage de Charmes, réchauffés par le toujours bienvenu thé de B. Quand on repart, la pluie, elle, arrive, et on s’équipera au rond-point sur la 86, juste de l’autre côté du Rhône. Pour le reste de la journée.

DSCN9228

A allure réduite car il pleut des cordes, on suit le Rhône en rive droite, par la 86, jusqu’à Saint-Just, en prenant toutes les déviations. Faute de mieux et d’avoir vraiment cherché, on s’arrête pour manger à Viviers, dans cette brasserie de Centre commercial, quelconque. C’est peu dire, à nouveau, que notre arrivée ne passe pas inaperçue parmi les VRP, agents de la DDE et autres ouvriers de chantier. Mais pour les raisons déjà dites, l’accueil est plutôt bienveillant. C’est là que je confirmerai au téléphone notre arrivée dans la soirée au Gîte du Mas Aubert, décision qui va peser sur la suite. A ma demande, les lascars profitent de la pause pour programmer leurs GPS et nous faire traverser Alès au plus court vers Saint-Jean-du-Pin, seule partie de l’itinéraire où je me sens démuni.

Viviers

Après avoir franchi l’Ardèche et quitté la 86, on roulera sur des œufs, pour cause de chaussée détrempée, jusqu’à Barjac qu’on traverse alors que j’avais repéré sur la carte une jolie (parce que surlignée en vert) petite route permettant de l’éviter, et aussi de gagner quelques kilomètres. Pas vue ni cherchée, et surtout pas envie à c’t’heure de nous engager sur de petites routes improbables. Il me tarde d’être à Alès, et on est en train d’accumuler les retards sur notre plan de vol. J’ai l’impression d’en rajouter en ratant la rocade ouest sur laquelle je m’attendais à tomber en venant de Saint-Ambroix. En fait, rocade ou pas, on dirait que pour rejoindre Anduze par Saint-Jean-du-Pin, on est obligé d’aller visiter le centre-ville. Ce qu’on fait, donc, je me reconnais par ci par là, et peu après avoir traversé le Gardon, on tombe, ce qui est heureusement une façon de parler, sur la fameuse église qui sert de repère. Cool ! La route jusqu’à Anduze n’est pas tip-top, on traverse villages et zones résidentielles, mais elle vaut cent fois la nationale.

A Anduze je nous arrête sur la Place des Bullets, désormais rebaptisée ainsi depuis notre balade à l’Aigoual, et B. enrichit sa collection de photos de cadrans solaires, ici orné d’un laconique Tempus Fugit. On repart sous la pluie, et sous les regards croisés et perplexes qui émanent des terrasses des cafés.

Moins de pluie, plus de nuit
Quand on arrive à Saint Hippolyte du Fort, où sont une partie de mes racines familiales, il est 17 h et il fait presque nuit. Fatigue et conditions météo aidant, l’intérêt de monter au Mas Aubert m’apparaît maintenant rien moins qu’évident, et je nous arrêterais bien à cet hôtel banal dont je connais le restaurant, qui, fatigue aidant, ferait l’affaire (on aura reconnu le classique dilemme du voyageur : programmer/se lier les mains vs improviser/galérer). Bien sûr, je n’en fais rien, et après La Cadière, la route vers Saint-Bauzille, de nuit maintenant, me semble bien longue. A Saint-Bauzille je laisse B. passer devant avec le GPS, il est vrai que je n’y vois plus grand chose sur la carte pour nous diriger, et nulle part n’est indiquée la route de Brissac. C’est pas mal de rouler en second quand il fait nuit, et tout va bien jusqu’à ce village (Brissac ?) et son panneau « Route barrée ». J’ai un petit moment de découragement/flottement, et B. en profite pour passer outre (l’interdiction). On traversera le chantier sans trop de mal, sauf que les motos seront repeintes à la boue jusqu’au retour dans nos pénates, à cause des pluies intenses de la veille. Bonne pioche quand même vu l’heure qu’il est. On finit par rejoindre la route de Saint-Jean-de-Buèges (dans La France de Raymond Depardon, il y a deux photos prises à Saint-Jean-de-Buèges, autant que dans toute l’Isère !), et moi par retrouver mes marques.

Cette vision me restera : dans la traversée du village on croise un groupe de petites sorcières et autres magiciens parfaitement crédibles, criant « Trick or treat ! », ou something like that : c’est Halloween ce soir, même ici au fond de l’Hérault. Montée tranquille ensuite, dans des nappes de brouillard qui iraient bien dans un film de sorcellerie, par cette fameuse D 122 « dangereuse sur 17 km », et dont on ne verra pas grand chose. Je m’énerve un peu pour ça (c’est malin !), tout en ouvrant/fermant sans arrêt mon casque pour cause de buée, ce qui ajoute à l’énervement.

Gîte du Mas Aubert

Alors que je viens ici depuis 1992, je vais pour la première fois découvrir… le gîte proprement dit (seul ou accompagné, j’ai dormi à chaque fois dans l’ancien four à pain, sommairement aménagé), dans lequel l’étalage des affaires à faire sécher nous prendra une bonne heure. En guests : un père et son fils, cyclistes et cools. Pour l’instant, le problème c’est que les appareils de chauffage (à pétrole ?) mis en batterie pour le séchage dégagent une odeur délétère, et sont potentiellement dangereux pour les futurs dormeurs que nous sommes. Un consensus se fait assez vite pour utiliser le radiateur électrique planqué dans un coin, et chacun étale (largement) ses affaires.

On mange bien, l’hôtesse, c’est un peu étrange, nous abandonnant rapidement la place et la maison, après avoir tout amené sur la table et pris note de nos souhaits pour le p’tit déj’.

 

Voyage aller, jour 2. Jeudi 1er novembre (259 km)

Google_iti3Le premier coup d’œil est bien sûr pour le temps qu’il fait, au lendemain d’une journée où le ciel nous est tombé sur la tête. Il fait grand beau, et froid. Du coup le sol est trempé (les routes à venir…), mais quel plaisir de démarrer la journée dans ces conditions ! Les affaires sont vite emballées, et bien sûr dans le dortoir, comme dans celui de tout gîte ou hébergement partagé, il est d’abord question de ronflage(s). Quand ça c’est fait, le p’tit déj’ est une formalité vite expédiée, comme le rangement et le chargement des motos. Quelques photos, et c’est parti… pour un kilomètre, jusqu’aux Lavagnes où on fera une photo que j’aime bien, dans la lumière du matin, aveuglante.

Les Lavagnes

L’Hérault qui rit
Belle route et toujours forts contrastes de lumière ensuite vers Gignac, dans le vignoble qui s’étend entre Aniane et Arboras (on le voit dans le Mondo Vino de Jonathan Nossiter), comme une mer que l’on domine au débouché de la D 122. Beau parcours ensuite et toujours, via le pont suspendu à voie unique sur l’Hérault, jusqu’à Gignac, où un copain du forum RE (Brunoetz), nous attend comme convenu. Jolie maison, jardin fleuri, et l’impression, toujours un peu crève-cœur, qu’ici c’est le printemps alors que 24 h plus tôt, chez nous, c’était l’hiver. Accueil agréable en tous points, et nouvelle illustration de ce sens de l’hospitalité que semblent partager les propriétaires de Royal Enfield : Bruno a fait des litres de café, est allé acheter force viennoiseries, et a même sorti pour nous sa (célèbre) Bullet, qu’il a remontée pièce à pièce avec l’aide des experts du forum, alors que la mécanique n’est pas, loin s’en faut, son métier de base. Je suis plein de respect pour ce qu’il a fait, et content de voir cette très belle moto… qui néanmoins refusera de démarrer. Tout au plus toussera-t-elle, c’est déjà pas rien.

DSCN9237

La conversation roule entre nous agréablement, qu’on écourtera parce que c’est pas tout ça, mais cet arrêt était une bonne idée. En partant on croisera le reste de sa famille, et on échangera maintes protestations d’amitié.

Après deux ou trois tentatives et autant d’échecs, je parle enfin au téléphone avec un autre copain du forum (Tit 34) en partance comme nous pour la Catalogne, et pas à sa messagerie. Il doit être pas loin de 11 h, et on a encore le projet de faire un bout de route ensemble.

Pas de deux à Bédarieux
On contourne Clermont l’Hérault et nous voilà sur la D 908 qui monte vers Bédarieux, l’une des belles routes à moto de l’Hexagone. Sans doute parce que j’ai le souvenir de l’avoir parcourue à une allure soutenue en GS, elle va me sembler longue, et me donner à penser que 30 CV, c’est quand même pas beaucoup sur ce type de route. En plus, les virages mouillés à l’ombre font que j’ose pas attaquer. Non, j’rigole…

A l’entrée de Bédarieux, je repère la route vers le tunnel du Col du Buis, et on se concerte pour l’essence. La panne sèche étant fortement déconseillée avec le système d’injection de nos motos, et faisant confiance à l’indigène qui m’a indiqué la station du Centre commercial comme la seule avant longtemps, je nous embarque pour une fastidieuse autant qu’involontaire visite de Bédarieux, assortie de plusieurs arrêts pour demander ledit Centre commercial à des quidams. Au final, on ne mettra pas grand chose dans les réservoirs, mébon, comme ça on ira jusqu’à Sorède. Après le tunnel retrouvé (j’avais mis des petits cailloux blancs), j’envoie du pâté sur quatre ou cinq virages serrés, juste pour le plaisir de faire frotter les repose-pieds (montés fixes, ils ont déjà été la cause de quelques frayeurs). Bah, c’est pas comme ça, de toutes façons, qu’on va faire remonter la moyenne.

DSCN9239

C’est l’heure de pique-niquer, et voilà au bord de la grand-route un parking ensoleillé, ça tombe bien, il fait frisquet. Ensoleillé et… bruyant : il y a présentement là une voiture « de rallye » qui mène grand tapage avec son ralenti accéléré et ses pots racing, ça gâche un peu l’ambiance. Les vitres fumées empêchent de voir qui est à l’intérieur, et quand B. y va, on ne sait trop sur qu(o)i il va tomber. On le voit discuter, puis revenir : « C’est un type avec un ordinateur sur les genoux, qui est en train… de régler son ralenti ! » Crédible, on verra d’ailleurs une autre petite voiture de type Coupe de marque le rejoindre, et tous les deux s’en aller brûler de la gomme sur la nationale. Bon pique-nique, dès lors. (En arrivant j’ai « libéré » Tit 34, qui a dû passer ici une bonne heure avant nous, qui n’avions pas encore mangé. Il rejoindra Sorède sans nous.)

Cette grande route, qui va à Béziers et sur laquelle on sait maintenant que s’entraînent les rallymen locaux, on la quitte rapidement pour un festival de ces petites départementales où nos motos sont chez elles. Pas de problème particulier, mon seul souhait étant d’éviter Lézignan-Corbières, dont j’ai un mauvais souvenir. B. enclenche donc le GPS, option « au plus court », ce qui va nous conduire (relativement à une route évidente qu’on voit faire une grande courbe) à emprunter un chemin de vignes avec fondrières et passages dans l’eau, sorte de raccourci à l’usage des vignerons coupant fort logiquement ladite courbe, et l’épisode est d’autant plus plaisant qu’au final, à cause de travaux et d’une déviation, on se retrouvera à l’entrée de… Lézignan-Corbières, que je voulais précisément éviter, je ne sais pas si on comprend quelque chose de cette phrase, ça va peut-être se voir que je suis en train de lire A la recherche du temps perdu. Pas grave, on n’est pas les plus malheureux, et par un entrelacs de petites routes, on avance dans notre traversée de l’Aude, avec un arrêt dans un « bistrot de villageTM » sympathique. Et la traversée aussi, il fallait bien que ça arrive, du Canal du Midi. Traverser le Canal du Midi, j’ai toujours aimé ça.

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Les Corbières, c’est d’la balle
A l’entrée dans les Corbières le paysage change. Il y a toujours de la vigne, mais la plaine le cède à un relief plus accidenté et rocheux, avec de l’eau qui coule tantôt par ci, tantôt par là. Si l’on y ajoute les feuillages dorés, tout ça est du plus bel effet en fin de journée. Arrêt orientation dans la rue principale de Thézan, où coule une rivière, justement, et près du « mur des jeunes filles » (comme il y a chez Cabu un « mur des fainéants »). Passantes présentement immobiles, elles sont heureuses d’êtres là, papillonnent, et vérifient tout ensemble ce qu’affiche l’écran de leur portable et leur pouvoir de séduction.

Estagel. Tea time à proximité d’une statue d’Arago, bienfaiteur de l’humanité et des producteurs locaux de vins doux naturels. Il fera bientôt nuit, et le GPS pour le moment est inutile, tant l’itinéraire est évident. Mais il redevient d’actualité pour la dernière partie du voyage, à partir de Thuir, qu’on n’atteindra… jamais ! B. a programmé maintenant l’itinéraire au « plus rapide », semble-t-il, et on va enquiller un million de sortes d’autoroutes et voies express, dans l’obscurité grandissante et la circulation typique d’une fin de journée aux portes d’une grande ville, en l’occurrence Perpignan. Je n’ai qu’un souvenir confus de ce moment, avec la sensation de tourner en rond, celle corrélative de ne pas savoir où l’on était, et l’obsession de ne pas perdre de vue les deux feux rouges des motos devant moi – dont le lumignon rétro d’A.

Bien sûr, B./le GPS avaient raison, et on finira par arriver à Sorède, lieu de rassemblement de l’Automnale. Même qu’on passe devant le camping sans le voir. On s’offre une dernière partie de rigolade, le GPS et chacun de nous y allant de son « intuition » pour le trouver – soit trois intuitions différentes, bien sûr. Finalement c’est un coup de fil à T Max, l’organisateur, qui dénouera la situation, et le scooter préféré des bandits viendra nous tirer de là.

Petit point sur le GPS : sûr que si je conduisais un 35 tonnes pour aller livrer de la charpente métallique dans la ZI de Fos-sur-Mer, je ne partirais pas sans mon GPS. Pour un usage « balade » de la moto et d’expérience(s), ma religion, une fois encore, je me la suis faite à l’église de MotoMag : « A MotoMag, on fonctionne encore un peu à l’ancienne (…) : sur la route, on préfère sortir la bonne vieille carte papier et échanger sur l’itinéraire à prendre. C’est cela aussi, le plaisir de tailler la route entre amis. » (décembre 2012-janvier 2013, p. 52)

Au camping, retrouvailles et salutations diverses, rangement approximatif dans les bungalows. Je me retrouve avec Tit 34, bonne pioche, et aussi la fatigue d’une journée mouvementée… qui n’est pas finie pour autant. T Max a réservé pour nous quelques quintaux de moules et de frites dans un restaurant de Saint Cyprien, et on a à peine le temps de souffler que c’est reparti, de nuit, dans l’inconnu et avec un groupe qui avionne.

Soirée sympathique au restau. On ne voit pas grand chose de la mer et des bateaux, mais le service est rapide, la serveuse avenante, et le groupe, qui se soude doucement, agréable.

Fin de la 1ère partie

2ème partie : Catalogne aller & retour (2 sur 2)

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